Avant son élection, Masoud Pezeshkian avait juré de lutter contre la censure d’Internet en Iran, promettant de « libérer Internet » et de mettre fin au filtrage généralisé qui restreint l’accès aux plateformes mondiales comme Instagram, WhatsApp et Twitter. Il s’est positionné comme un réformiste, affirmant qu’il résisterait aux politiques numériques oppressives du régime. « Je m’opposerai au filtrage », a-t-il déclaré pendant sa campagne, s’adressant à un électorat fatigué de la répression numérique. Pourtant, plusieurs mois après le début de sa présidence, ces promesses se sont révélées creuses.
Malgré les assurances de Pezeshkian, son administration n’a pris aucune mesure concrète pour lever les restrictions sur Internet. Au lieu de cela, son gouvernement, tout comme ses prédécesseurs, continue de maintenir et même de renforcer le contrôle du régime sur le cyberespace. Son nouveau ministre des Technologies de l’information et de la communication (TIC), Sattar Hashemi, n’a pas abordé la question de la suppression des filtres Internet et se concentre plutôt sur des réformes mineures qui perpétueront probablement le statu quo.
En outre, les efforts de Pezeshkian sont entravés par le pouvoir des institutions de sécurité iraniennes, notamment le Conseil suprême du cyberespace (SCC), qui reste déterminé à maintenir un contrôle strict sur le flux d’informations. Le « projet de loi sur la protection des utilisateurs d’Internet », qui formaliserait et étendrait ces contrôles, a déjà été partiellement mis en œuvre sans l’approbation complète du Parlement. Bien qu’il ne soit pas officiellement devenu loi, bon nombre de ses principes fondamentaux sont déjà en place, limitant l’accès aux VPN et bloquant la plupart des plateformes mondiales.
La censure est plus qu’un simple outil politique : elle a causé des dommages économiques considérables. L’économie iranienne, en particulier son secteur du commerce numérique, a subi de lourdes pertes en raison des coupures et des restrictions d’Internet. La Chambre de commerce iranienne a signalé des pertes quotidiennes de 1,5 million de dollars lors des manifestations de 2022, une tendance qui n’a fait qu’empirer sous la direction de Pezeshkian. Les petites entreprises, dont beaucoup sont dirigées par des femmes dans les zones rurales, dépendent des réseaux sociaux pour fonctionner, et le blocage continu de plateformes comme Instagram les a dévastées.
Le régime iranien impose une censure stricte sur Internet pour maintenir le contrôle sur le flux d’informations et réprimer la dissidence. Selon Reporters sans frontières (RSF), le gouvernement iranien a effectivement « asservi » son Internet, en recourant à une censure généralisée, à une surveillance et à des coupures arbitraires. Cette « stratégie cruelle » vise à isoler sa population de la sphère de l’information mondiale, en empêchant l’accès à des informations et à des plateformes non censurées qui pourraient faciliter les manifestations et les mouvements d’opposition.
De même, Freedom House classe l’Iran dans la catégorie « non libre », notant que le régime utilise les restrictions d’Internet pour faire taire les critiques et empêcher la diffusion d’informations qui pourraient révéler la corruption du gouvernement et les violations des droits de l’homme. Le gouvernement craint qu’un « accès illimité à Internet » permette à la population de prendre conscience des réalités politiques et de rejoindre les mouvements d’opposition, menaçant ainsi l’emprise du régime sur le pouvoir.
La présidence de Pezeshkian a jusqu’à présent prouvé que ses promesses de liberté sur Internet n’étaient rien d’autre qu’un théâtre politique. Le contrôle du régime sur Internet, alimenté par la peur de la prise de conscience politique et des troubles, reste plus fort que jamais. En continuant à appliquer ces politiques oppressives, Pezeshkian a confirmé que ses paroles n’étaient rien de plus que des paroles en l’air, destinées à apaiser une société avide de changement.

