Le dimanche 27 juillet au matin, Saeed Masouri, le plus ancien prisonnier politique détenu dans les prisons du régime iranien, a été soudainement exilé de la prison de Ghezel Hesar à Karaj vers la prison de Zahedan, l’un des établissements les plus défavorisés et dangereux du pays, sans aucun mandat judiciaire. Sa famille a qualifié cette mesure de « punitive et délibérée » et a exprimé sa profonde inquiétude pour sa vie et son bien-être.
Transfert soudain sans décision judiciaire
Selon des informations provenant de l’intérieur de la prison, le transfert a été effectué aux premières heures du matin, sans préavis, par des agents de sécurité qui n’ont présenté aucun document judiciaire. Une tentative similaire les semaines précédentes avait échoué en raison de la résistance de Masouri et du soutien de ses codétenus.
Le 15 juin, des agents du ministère du Renseignement avaient également tenté de transférer ce prisonnier politique vers un lieu tenu secret, mais avaient été contraints de se retirer suite aux protestations d’autres prisonniers.
Opposition aux exécutions : un catalyseur de pression accrue
En juin, Saeed Masouri a publié une lettre depuis sa prison dans laquelle il condamnait fermement le prononcé et l’application des peines de mort, en particulier contre les prisonniers politiques. De nombreux observateurs des droits humains estiment que cette position a entraîné une pression accrue et des mesures punitives, comme son exil loin de sa famille.
Après son exil, la famille de Saeed Masouri a publié la déclaration suivante :
Exil de Saeed Masouri à la prison de Zahedan : un transfert punitif après 25 ans de prison
Saeed Masouri, prisonnier politique ayant passé plus de 25 ans dans les prisons du régime iranien, a été exilé à la prison de Zahedan sans préavis ni mandat judiciaire. Cette action brutale des agences de sécurité intervient après des années de détention à la prison de Ghezel Hesar à Karaj, près de laquelle sa famille s’était installée pour faciliter les visites.
L’exil à Zahedan, une prison connue pour ses privations et sa dangerosité, constitue clairement un acte de violence psychologique et physique croissant envers ce prisonnier politique et sa famille. Ce transfert met non seulement en péril ses droits fondamentaux aux visites, aux soins médicaux et à la sécurité, mais s’inscrit également dans une campagne prolongée de privation délibérée de ses droits humains fondamentaux.
Son exil à Zahedan représente une grave menace pour sa santé et sa sécurité, et les organisations internationales de défense des droits humains doivent réagir de toute urgence.
25 ans sans permission de sortie : une privation accrue pour un prisonnier politique
Saeed Masouri est emprisonné depuis 2000. Au fil des ans, il a été privé de son droit à une permission de sortie, de communication ouverte et de soins médicaux appropriés. Il a subi à maintes reprises des tortures psychologiques, des interrogatoires répétés, des transferts punitifs et l’isolement cellulaire.

