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Le Koweït sombre dans une crise politique à cause de la visite d’un mollahs iranien

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AFP, 25 novembre 2008 – Le Koweït a sombré mardi dans une nouvelle crise politique après la démission du gouvernement en raison d’un bras de fer entre le Parlement et l’exécutif à propos de la visite controversée dans ce riche émirat pétrolier du Golfe d’un dignitaire religieux iranien.

"Le gouvernement a soumis sa démission à l’émir (cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah) il y a un moment", a déclaré à la presse le député Nasser al-Sane.

La démission a été confirmée par l’agence officielle Kuna qui a indiqué que l’émir a décidé de "ne pas se prononcer là-dessus dans l’immédiat" et a demandé au cabinet de "continuer à assumer ses charges".

Les quinze membres du gouvernement, qui sont également des députés, se sont retirés dans la matinée d’une séance du Parlement pour protester contre l’inscription à l’ordre du jour d’une demande d’audition du Premier ministre, cheikh Nasser al-Ahmad Al-Sabah, un neveu de l’émir, sur le séjour dans le pays d’un religieux chiite iranien pourtant interdit d’entrée au Koweït.

Conformément à la Constitution, si l’émir accepte la démission du cabinet, il peut décider de former un nouveau cabinet ou dissoudre le Parlement et convoquer des élections législatives anticipées.

Alors que plusieurs députés s’attendaient à voir l’émir promulguer dans la journée un décret de dissolution du Parlement, d’autres estimaient qu’il pourrait suspendre la Constitution et le Parlement. Dans ce cas, l’émir n’est pas tenu de convoquer des élections dans un délai de 60 jours.

La nouvelle crise a été provoquée par trois députés sunnites qui avaient déposé le 18 novembre une demande pour interroger le Premier ministre.

Walid Al-Tabtabai, Abdallah Al-Barghash et Mohammad Hayef, des islamistes de la mouvance salafiste, accusent le Premier ministre d’avoir autorisé l’entrée du religieux Mohammad Baqer Al-Fali, alors qu’il est interdit de séjour par la justice pour avoir insulté selon eux des compagnons du prophète Mahomet, vénérés par les sunnites et honnis par les chiites.

Ils lui reprochent aussi d’avoir "failli à son devoir constitutionnel" et estiment qu’"il est temps que le Koweït ait un Premier ministre capable de gérer les affaires de l’Etat et de répondre aux attentes du peuple".

Selon eux, la corruption et les dépenses inconsidérées de deniers publics ont augmenté sous cheikh Nasser, qui dirige le gouvernement depuis 2006.

L’émirat a une longue histoire de crises politiques en raison des rapports souvent difficiles entre l’éxecutif et le législatif. La dernière dissolution du Parlement remonte à mars 2008 en raison d’un différend avivé par les tensions entre sunnites et chiites, ces derniers représentant un tiers des Koweïtiens.

La Constitution du Koweït, la première dans une monarchie arabe du Golfe, avait été suspendue à deux reprises durant cinq ans en 1976 et six ans en 1986, périodes pendant lesquelles le Parlement a été dissout.

La famille des Al-Sabah est au pouvoir depuis la création de ce riche émirat pétrolier il y a quelque 250 ans.

L’émir, le prince héritier et le Premier ministre sont toujours des descendants des Al-Sabah, qui contrôlent aussi les principaux ministères comme ceux de la Défense, de l’Intérieur, du Pétrole et des Affaires étrangères.

Les marchandages politiques sont considérés comme l’une des raisons qui empêchent le pays de lancer de grands projets et de moderniser son économie malgré d’énormes revenus pétroliers. L’émirat dispose de quelque 300 milliards de dollars de surplus investis essentiellement aux Etats-Unis et en Europe.

Il détient 10% des réserves pétrolières de la planète et produit 2,4 millions de barils par jour. Le Koweït a une population autochtone d’un peu plus d’un million personnes et accueille 2,35 millions de résidents étrangers.

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