IranNucléaireIran : La reprise d'activités sensibles semble imminente

Iran : La reprise d’activités sensibles semble imminente

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AFP, Ispahan, 8 août – La reprise par l’Iran d’activités nucléaires ultra-sensibles semblait de plus en plus imminente lundi après l’annonce que des inspecteurs internationaux étaient à pied d’oeuvre pour contrôler des opérations qui risquent d’être lourdes de conséquences.
Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) étaient lundi matin à l’usine de conversion d’uranium d’Ispahan (centre), a indiqué à l’AFP un responsable iranien sous couvert de l’anonymat.
Les agents de l’agence onusienne de non-prolifération devaient installer des caméras de surveillance supplémentaires et briser avec les Iraniens les scellés posés par l’Agence elle-même en novembre, a-t-il dit.
L’usine, située dans une vaste zone industrielle à 15 km au sud-est d’une des plus belles cités du Proche-Orient et défendue par des dizaines de batteries contre une éventuelle attaque aérienne, devrait alors être prête à reprendre son travail.
Le responsable n’a pas dit précisément quand la conversion recommencerait. Il n’a pas dit non plus combien de temps il faudrait à l’AIEA pour prendre les dispositions nécessaires au redémarrage.
Le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Gholamreza Aghazadeh, a dit dimanche que l’usine devrait être prête dès ce lundi.
Le porte-parole des Affaires étrangères, Hamid Reza Asséfi, a indiqué pour sa part qu’Ispahan recommencerait à tourner aussitôt que les scellés auraient été brisés.
L’Agence a cependant déclaré qu’il lui faudrait pour cela jusqu’au milieu de la semaine.
Mais les Iraniens font pression pour que le travail soit achevé au plus tôt.
Une fois les scellés rompus, la question sera de savoir si l’Iran mettra la communauté internationale devant le fait accompli en recommençant effectivement à convertir avant une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA prévue pour mardi à Vienne.
L’Iran serait alors plus que jamais sous la menace d’être traîné devant le Conseil de sécurité de l’Onu.
Ce sont les Européens qui ont demandé la convocation en urgence de l’AIEA, qui surveille depuis février 2003 le programme nucléaire de la République islamique, pour tenter de dissuader les Iraniens de reprendre la conversion.
Mardi, l’AIEA ne devrait pas immédiatement décider de recourir au Conseil de sécurité, comme le réclament les Américains depuis des mois, mais commencer par lancer un appel aux Iraniens à revenir à une suspension complète de leurs activités de conversion et d’enrichissement.
L’UE3 (Allemagne, France, Grande-Bretagne) essaie depuis décembre de convaincre l’Iran de renoncer à toutes ces activités, qui produisent le combustible pour les centrales nucléaires mais peuvent être détournées pour fabriquer la bombe atomique.
Elle offre en contrepartie une coopération nucléaire, commerciale et politique.
Les Européens ont prévenu les Iraniens que les négociations seraient rompues s’ils recommençaient à convertir et qu’ils soutiendraient un recours au Conseil de sécurité.
Les Iraniens ont répondu que leur décision était « irréversible ».
Ils ont rejeté comme « inacceptables » et « insultantes » 34 pages de propositions européennes de coopération remises vendredi, qui leur refusent la conversion et l’enrichissement.
Les chefs des missions diplomatiques allemande, britannique et française devaient recevoir la réponse écrite des Iraniens ce lundi à 14h30 (10h00 GMT) au ministère des Affaires étrangères.
L’Iran affirme que le Traité de non-prolifération, qu’il a signé, lui reconnaît le droit d’enrichir l’uranium. Les Occidentaux répondent que 18 années de dissimulations rendent suspectes les intentions iraniennes.
Les opérations de conversion d’Ispahan et d’enrichissement de Natanz (centre) ont été suspendues en novembre et les installations placées sous scellés par l’AIEA elle-même.
Par souci de légalité internationale, les Iraniens entendent que les scellés soient brisés sous le contrôle de l’Agence.
Ils insistent sur le fait que l’enrichissement reste suspendu à Natanz et qu’ils veulent poursuivre les négociations avec les Européens.

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