En Iran, la pénurie de vaccins contre la grippe cet hiver suscite de graves inquiétudes en matière de santé publique. Selon les médias d’État, environ 3 à 4 millions d’Iraniens à haut risque sont privés d’accès au vaccin. Parallèlement, divers types de vaccins contre la grippe circulent sur le marché noir, dont les prix atteignent jusqu’à 12 millions de rials, soit plusieurs fois le prix standard.
Cette pénurie rappelle la crise des vaccins contre la COVID-19 qui a frappé le pays au plus fort de la pandémie, mettant en évidence les graves lacunes du système de santé iranien. Au cours de cette période, les retards et les politiques inefficaces en matière d’approvisionnement en vaccins et de mesures de quarantaine ont entraîné une forte augmentation des taux de mortalité, plaçant l’Iran parmi les pays où les taux de mortalité sont les plus élevés. Aujourd’hui, le manque de vaccins contre la grippe accroît le risque, en particulier pour les groupes vulnérables, en l’absence de politiques efficaces pour répondre aux besoins de santé publique.
Bien que les vaccins contre la grippe soient disponibles sur le marché noir, l’incapacité des autorités à réguler la distribution et à contrôler les prix souligne l’incapacité du gouvernement à protéger la santé des citoyens, ce que certains considèrent comme une forme de « meurtre silencieux » dû à des politiques aléatoires et à la corruption administrative.
Selon le site d’information Alef, géré par l’État, le marché noir est apparu dès l’approche de l’hiver et la demande de vaccins a augmenté. L’agence de presse ISNA fait également état de plaintes de responsables locaux concernant la pénurie de vaccins. Le chef du département des maladies infectieuses de l’université des sciences médicales de Yazd a souligné que les vaccins alloués à la province étaient insuffisants pour répondre aux besoins des groupes à haut risque, ce qui oblige certains à se tourner vers le marché noir.
Cette situation met en évidence la domination des factions liées au Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) sur l’industrie pharmaceutique, où ces entités utilisent leur influence pour faire avancer des intérêts financiers au détriment de la santé des citoyens. Le secteur pharmaceutique est contrôlé par des personnalités et des groupes proches du guide suprême Ali Khamenei, ce qui leur permet d’engranger des profits substantiels en monopolisant la production, la distribution et même les ressources destinées à soutenir le secteur de la santé.
Ce contrôle est devenu évident lors de la pandémie de COVID-19, lorsque les autorités ont insisté pour soutenir la production locale de vaccins tout en limitant l’importation de vaccins reconnus internationalement comme Pfizer et Moderna. Des milliards de tomans ont été alloués pour soutenir des entreprises étroitement liées aux cercles dirigeants. Dans le même temps, l’interdiction des vaccins étrangers a entraîné une augmentation inquiétante des taux de mortalité dans une crise sanitaire qui aurait pu être atténuée si les vaccins internationaux avaient été autorisés.
Au lieu de se concentrer sur l’amélioration de la santé publique et la protection de la vie des citoyens, les responsables ont exploité la crise à des fins personnelles. Des rapports indiquent que des personnalités influentes du secteur pharmaceutique, liées au guide suprême du régime Ali Khamenei, considèrent cette industrie comme une source de richesse, au mépris de leur devoir de préserver la santé du peuple iranien.

