Le secteur infirmier en Iran est actuellement confronté à des défis de plus en plus importants, notamment une pénurie de personnel, une forte pression au travail et de faibles salaires. Cela a déclenché une vague de protestations et de revendications pour de meilleures conditions professionnelles et de vie.
Actuellement, environ 220 000 infirmières travaillent dans les établissements médicaux iraniens, exprimant leur frustration face à des salaires insuffisants et à des avantages sociaux inadéquats. Bien qu’environ 20 000 infirmières qualifiées restent au chômage, les autorités n’ont pas été en mesure de remédier au manque de personnel, ce qui alourdit encore la charge de travail des infirmières en activité.
La législation concernant les droits des infirmières, tels que le droit à la retraite après vingt ans de service, les congés annuels payés et une augmentation des rémunérations, n’est toujours pas mise en œuvre. Cette négligence des droits promis n’a fait qu’accroître le mécontentement parmi la main-d’œuvre infirmière iranienne.
Compte tenu de ces circonstances difficiles, de nombreuses infirmières choisissent de migrer vers les pays du Golfe, l’Europe, l’Australie, le Canada et les États-Unis à la recherche de meilleures opportunités. Les manifestants qui restent en Iran continuent de manifester quotidiennement, bénéficiant d’un soutien important de la part de la communauté. Cette action collective reflète une forte volonté d’apporter des changements positifs au système de santé.
Le 2 novembre, d’importants rassemblements de protestation ont eu lieu dans les villes de Mashhad et Yazd, où des infirmières et d’autres personnels médicaux de divers hôpitaux se sont réunis pour exprimer leurs revendications. Les principales revendications mises en avant par les manifestants comprennent :
Mise en œuvre de la loi sur la tarification des services infirmiers : établir une loi claire pour déterminer les tarifs des services infirmiers, en particulier pour les soins d’urgence préhospitaliers, avec le soutien financier du ministère de la Santé et des compagnies d’assurance, car ces services sont actuellement offerts gratuitement.
Augmentation de la rémunération des infirmières d’urgence : si un régime de rémunération indépendant n’est pas approuvé, les manifestants exigent une augmentation de la rémunération des infirmières d’urgence d’au moins quatre fois le niveau actuel, en tenant compte de l’intensité de la charge de travail, de la densité de population et des conditions de travail difficiles.
Âge de départ à la retraite réduit et points de pénibilité augmentés : Dans la catégorie des emplois « durs et pénibles », ils demandent une réduction de l’âge de départ à la retraite pour les travailleurs des services d’urgence, ainsi qu’une augmentation des points de pénibilité de 1 500 à 3 000 comme annoncé précédemment.
Productivité accrue pour les travailleurs des services d’urgence : application intégrale de la loi sur l’amélioration de la productivité au personnel des services d’urgence préhospitaliers, en adéquation avec sa mise en œuvre pour le personnel de laboratoire et de clinique de nuit.
Indemnité spéciale au triple du salaire de base : allocation d’une allocation spéciale, s’élevant à trois fois le salaire de base, pour le personnel infirmier sur le budget national, à inclure dans les contrats de travail.
Mise en œuvre intégrale des avantages sociaux et de la protection sociale supplémentaires : application des directives relatives aux avantages sociaux et aux packages de protection sociale supplémentaires pour le ministère de la Santé et le personnel des services d’urgence, sans nécessiter l’approbation des conseils d’administration, en accord avec les autres employés du gouvernement.
Amélioration de la structure organisationnelle nationale des services d’urgence : refonte de la structure organisationnelle des services d’urgence nationaux et octroi de pouvoirs de décision plus larges aux gestionnaires des services d’urgence préhospitaliers. En outre, l’allocation d’un budget séparé aux centres d’urgence provinciaux afin d’empêcher les transferts de fonds par les conseils d’administration des universités.
Budget dédié à l’achat et à l’entretien des ambulances : allocation d’un budget séparé pour 2025 afin d’acquérir de nouvelles ambulances et d’entretenir la flotte vieillissante, qui dépend actuellement de revenus privés et parfois de financements personnels, mettant en danger la vie du personnel médical et des patients.
Modification de la charte de l’organisation du système infirmier : modification de la charte de l’organisation infirmière afin d’attribuer au moins un siège aux infirmières d’urgence dans les conseils provinciaux et trois sièges au conseil national du système infirmier.
Remplacement des administrateurs inefficaces : remplacement des directeurs des services d’urgence peu performants et de leurs adjoints dans les hôpitaux et les centres de santé à l’échelle nationale, car leur inefficacité à répondre aux demandes des infirmières a contribué à l’accumulation et au retard des problèmes non résolus.
Ces manifestations soulignent une frustration profonde au sein du personnel de santé iranien, en particulier dans un contexte de pressions professionnelles croissantes et de la nature physiquement et mentalement exigeante de leur travail. Ils soulignent également un écart important entre le personnel de santé et les dirigeants du secteur, indiquant un besoin urgent de reconsidérer les politiques et les structures de gestion pour garantir des opérations efficaces et stables dans le secteur de la santé.

