De nouvelles données de l’Autorité de régulation du marché de l’énergie de Turquie (EMRA) révèlent une augmentation de 30 % des importations de gaz de la Turquie en provenance d’Iran en 2024 par rapport à l’année précédente. En 2023, la Turquie a acheté environ 7 milliards de mètres cubes de gaz à l’Iran.
Plus particulièrement, les exportations de gaz de l’Iran vers la Turquie ont augmenté de 75 % au cours des quatre derniers mois de 2023 par rapport à la même période de l’année précédente, malgré une pénurie massive de gaz dans le pays.
Cette forte augmentation des exportations de gaz pendant les mois froids survient alors que l’Iran est aux prises avec une grave pénurie de gaz. Ces derniers mois, le gouvernement a imposé des restrictions strictes sur l’approvisionnement en gaz des industries, tandis que les pénuries dans les centrales électriques ont entraîné des pannes d’électricité généralisées dans tout le pays.
Les revenus exacts que le régime iranien a générés grâce aux exportations de gaz vers la Turquie restent incertains. Cependant, les données de l’Institut turc des statistiques (TurkStat) montrent que les importations totales de la Turquie en provenance d’Iran – gaz compris – ne s’élevaient qu’à 2,45 milliards de dollars en 2023.
En raison de la pénurie de gaz, l’Iran a non seulement restreint les opérations industrielles et les centrales électriques, mais a également eu recours à la combustion de grandes quantités de mazout (fioul lourd) en guise de substitut.
L’Iran aurait pu gagner plus en exportant du mazout au lieu du gaz
Sept milliards de mètres cubes de gaz équivalent à sept milliards de litres de mazout ou de diesel. Si l’Iran avait exporté cette quantité de mazout ou de diesel au lieu du gaz, il aurait pu générer au moins 3,5 milliards de dollars de revenus, dépassant ainsi les revenus totaux de l’Iran provenant du gaz et d’autres exportations vers la Turquie.
Les exportations de gaz de l’Iran vers l’Irak dépassent celles vers la Turquie. Malgré la pénurie croissante de gaz, l’administration de Massoud Pezeshkian, le président du régime iranien, a alloué 16 milliards de mètres cubes d’exportations de gaz dans le budget 2025, soit une valeur de 5 milliards de dollars, soit deux milliards de mètres cubes de plus que dans le budget 2024.
L’accord d’exportation de gaz de 25 ans entre l’Iran et la Turquie arrive à expiration
L’accord d’exportation de gaz de 25 ans entre l’Iran et la Turquie devrait expirer l’année prochaine, et les responsables du régime iranien ont demandé à plusieurs reprises sa prolongation.
Remplacement du gaz iranien en Turquie et en Irak
Après des mois de résistance de la part des responsables du régime iranien, la Turquie a finalement commencé à importer du gaz turkmène via l’Iran samedi. Cette année, un total de 1,3 milliard de mètres cubes de gaz turkmène devrait être livré à la Turquie dans le cadre d’un accord d’échange avec l’Iran.
L’Irak a également signé un accord similaire avec le Turkménistan, mais l’Iran n’a pas encore approuvé l’échange de gaz turkmène avec l’Irak.
Les Etats-Unis font pression sur l’Irak pour qu’il mette fin à sa dépendance au gaz iranien
L’administration Trump a récemment averti l’Irak de cesser ses achats de gaz à l’Iran. Depuis l’année dernière, le gouvernement irakien a signé plusieurs contrats étrangers majeurs pour réduire sa dépendance au gaz iranien. La semaine dernière, au moment où les Etats-Unis ont lancé un ultimatum, l’Irak a conclu un accord avec le géant énergétique britannique BP pour développer davantage ses champs de pétrole et de gaz.

