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L’Iran confronté à un goulot d’étranglement dans la restauration de ses infrastructures après le cessez-le-feu

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Quelques semaines après les violentes attaques américaines et israéliennes, et dans un contexte de cessez-le-feu fragile, l’Iran fait face à un niveau de destruction sans précédent. Contrairement à la guerre Iran-Irak, où les dégâts étaient principalement concentrés dans les régions frontalières, ce sont cette fois les principaux centres économiques, énergétiques et technologiques du pays qui ont été visés ; ce que certains experts qualifient de « neutralisation d’infrastructures vitales ».

Bien que les chiffres préliminaires fassent état de la destruction ou de graves dommages à plus de 93 000 logements et commerces, les dégâts les plus importants ont touché les industries de base essentielles ; un secteur dont la reconstruction est incompatible avec les ressources actuelles du pays.

Mahshahr : un coup dur pour les devises étrangères du pays

La principale préoccupation concerne la région pétrochimique de Mahshahr, où Bandar Imam et sept autres complexes majeurs représentaient 60 % de la capacité de ce pôle stratégique. Pendant les années de sanctions imposées au régime, Mahshahr était l’une des sources les plus importantes de liquidités immédiates pour l’importation de biens essentiels.

Si ces complexes sont totalement mis hors service, les exportations pétrochimiques iraniennes chuteront de 13 milliards de dollars à moins de 6 milliards, soit une perte de la moitié de ses réserves de change. La reconstruction physique de ces huit complexes à elle seule coûtera environ 20 milliards de dollars.

Parallèlement, les dégâts subis par les centrales électriques Fajr 1 et 2, qui alimentent les industries pétrochimiques, engendrent des coûts de remise en état d’au moins un milliard de dollars. Sans cette infrastructure, même les unités non endommagées sont de facto à l’arrêt. La principale difficulté réside dans le remplacement des équipements de contrôle et des instruments de précision, dont l’accès est devenu extrêmement limité en raison des sanctions.

Asaluyeh : paralysie due à la destruction des installations de soutien
À Asaluyeh, les attaques n’ont pas ciblé les structures principales, mais plutôt les installations auxiliaires telles que les réseaux d’électricité, d’eau et d’oxygène. Néanmoins, ces mêmes dégâts ont paralysé les unités pétrochimiques en raison de l’interconnexion de la chaîne de production.

Dans le secteur amont, une grande incertitude plane également sur les phases 3 à 14 du projet South Pars. Des installations traitant 100 millions de mètres cubes de gaz par jour. Leur destruction totale nécessiterait au moins 5 milliards de dollars pour leur remise en état.

Effondrement logistique : principal obstacle à la reconstruction

L’une des crises les plus graves de l’après-cessez-le-feu est l’effondrement du réseau de transit du pays. Les attaques contre des ponts stratégiques, des lignes ferroviaires et des infrastructures de transport ont perturbé le réseau d’acheminement des marchandises, alors même que le secteur était déjà fragilisé avant la guerre par la dégradation des infrastructures et les sanctions.

La forte hausse des coûts de transport pose désormais également problème pour la reconstruction d’autres secteurs. Même si les pièces détachées pour centrales électriques lourdes et les matières premières sont sécurisées, l’absence de voies d’acheminement sûres et fonctionnelles entraîne leur blocage en douane et retarde la reconstruction.

Acier et raffinage : une pression supplémentaire sur l’économie

Les dommages subis par les aciéries de Mobarakeh et de Khuzestan, qui représentent à elles deux 70 % de la capacité de production d’acier iranienne, constituent un autre défi majeur. L’Iran exportait auparavant 11 millions de tonnes d’acier par an, pour une valeur de 6 milliards de dollars. Aujourd’hui, face aux vastes besoins des projets de reconstruction, le pays perd non seulement ces revenus, mais est également contraint de dépenser entre 8 et 10 milliards de dollars par an en importations d’acier.

Parallèlement, la raffinerie de Lavan a également été endommagée et nécessite un financement d’au moins 700 millions de dollars pour sa remise en état.

Reconstruction technologique : un processus de plusieurs années

Les dégâts ne sont pas seulement matériels. La reconstruction des institutions de recherche et développement et des industries complexes sera un processus long. La restauration des services administratifs peut être achevée en quelques mois, mais la relance de la chaîne d’approvisionnement, de la production, des essais et du déploiement opérationnel prendra entre un et cinq ans.

C’est pourquoi le retour à la qualité et à la capacité de production d’avant-guerre sera un projet d’au moins cinq ans.

Économie post-cessez-le-feu : une lutte pour la survie

Avec la baisse des recettes en devises étrangères, une crise logistique et la destruction des pôles industriels, la reconstruction des infrastructures en Iran est devenue une lutte pour la survie. Les estimations montrent que la réparation intégrale des dégâts subis par Mahshahr, Asaluyeh, Ispahan et Ahvaz nécessitera plus de 100 milliards de dollars sur une période de cinq ans ; or, le blocage des échanges commerciaux et des voies bancaires a considérablement affaibli les réserves de change du pays.

L’Iran confronté à un goulot d’étranglement dans la restauration de ses infrastructures après le cessez-le-feuDans ce contexte, sans normalisation des relations internationales et sans accès aux marchés mondiaux, l’Iran risque de rester en phase de reconstruction d’urgence pendant des décennies, avec pour seul objectif de retrouver sa situation d’avant-guerre.

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