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Les pénuries d’eau en Iran sont devenues une crise chronique et tirent la sonnette d’alarme

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Les déclarations de responsables du régime iranien au début de l’été indiquent que le stress hydrique s’est étendu à la plupart des provinces du pays, la situation étant particulièrement alarmante à Téhéran.

Dans ce contexte, les experts estiment que des mesures à court terme, telles que la conservation de l’eau ou les projets de transfert d’eau, pourraient alléger une partie de la pression actuelle, mais qu’elles sont insuffisantes à elles seules pour répondre à l’ampleur de la crise.

Stress hydrique dans 58 villes réparties sur 23 provinces
Hashem Amini, président de la Société nationale d’ingénierie de l’eau et de l’assainissement, a déclaré que 58 villes situées dans 23 provinces connaissent actuellement des tensions sur les ressources en eau.

La crise de l’eau est devenue si grave que même les provinces montagneuses d’Iran sont touchées par le stress hydrique. Par exemple, la province du Lorestan, bien qu’elle soit l’une des plus arrosées du pays et qu’elle constitue la source de nombreuses rivières, fait face à des pénuries d’eau dues à des facteurs tant naturels que liés à la gestion.

Rama Habibi, directeur adjoint chargé de la protection et des opérations à la Société régionale des eaux de Téhéran, a récemment déclaré à l’agence de presse publique ILNA que la croissance démographique représentait le plus grand défi pour l’approvisionnement en eau de Téhéran. Il a affirmé : « Sans garantir des ressources en eau durables, aucune population supplémentaire ne devrait être ajoutée à la capitale. »

Selon lui, environ 45 % de l’approvisionnement en eau de Téhéran provient actuellement des eaux souterraines et 55 % des eaux de surface.

La crise de l’eau à Téhéran résulte en grande partie d’un développement urbain incontrôlé. La capacité écologique de la ville a été ignorée. Téhéran compte une population importante, et la consommation d’eau est proportionnellement élevée. Si la sécheresse a pu aggraver la crise, elle n’en est pas la cause première. Une mauvaise gouvernance, une centralisation excessive et un développement ne tenant pas compte des limites écologiques figurent parmi les facteurs clés ayant conduit à la situation actuelle.

Les habitudes de consommation d’eau à Téhéran diffèrent considérablement de celles du reste du pays. L’utilisation de l’eau à des fins agricoles dans la province de Téhéran est bien inférieure à la moyenne nationale, tandis que la consommation urbaine y est nettement plus élevée. Le recours excessif aux eaux souterraines a également rendu la situation de la région de moins en moins durable et présente un risque majeur.

Quelle est la part de responsabilité de la population ?
Le régime iranien exhorte depuis longtemps les citoyens à économiser l’eau, mais la consommation des ménages ne représente qu’une faible part de la consommation totale d’eau du pays. Fatemeh Mohajerani, porte-parole du gouvernement de Masoud Pezeshkian (président sous le régime iranien), a récemment déclaré lors d’une conférence de presse consacrée aux efforts du gouvernement face à la crise de l’eau : « Le gouvernement a mis en œuvre des mesures telles que des restrictions, notamment l’allocation de l’eau en fonction des modèles agricoles, la distribution selon les modèles de production et la priorité donnée à l’eau potable. Ces politiques ont été menées par le gouvernement au cours des deux dernières années. »

Cependant, elle a une fois de plus rejeté la responsabilité sur la population, affirmant que « la consommation d’eau par habitant devrait être ramenée à 130 litres. Actuellement, dans certaines zones, elle dépasse les 250 litres, soit environ deux à deux fois et demie la norme mondiale. »

Les solutions inadaptées du gouvernement face à la crise
Parallèlement à la gestion des ressources existantes, le régime a lancé de nouveaux projets. Il s’agit notamment du transfert d’eau depuis les hautes terres de Tonekabon et de la mise en service du second pipeline de transfert d’eau de Taleghan, visant à renforcer la résilience de la capitale en matière d’approvisionnement en eau.

Les méthodes adoptées ces dernières années pour garantir l’approvisionnement en eau n’ont été que des solutions temporaires. Les responsables du régime iranien n’ont pas su mettre en œuvre des solutions rationnelles et durables, faisant de la gouvernance un enjeu crucial dans la résolution de cette crise.

L’ensemencement des nuages ​​est une autre approche dont l’efficacité reste limitée à des conditions très spécifiques, nécessitant une forte humidité et la présence de formations nuageuses adéquates. Cette méthode n’est donc pas considérée comme une solution viable à long terme.

La crise persistante de l’affaissement des sols
La crise de l’eau en Iran s’accompagne d’une aggravation du phénomène d’affaissement des sols.

Le directeur adjoint chargé de la protection et des opérations à la Compagnie régionale des eaux de Téhéran a déclaré à l’agence de presse étatique ILNA que le taux d’affaissement des sols le plus élevé avait été enregistré dans la région de Varamin. Il a ajouté que plus de 5 700 puits illégaux avaient été condamnés au cours des deux dernières années, sans pour autant parvenir à stopper l’affaissement.

Pour enrayer l’affaissement des sols et prévenir l’épuisement accru des ressources en eaux souterraines, la simple fermeture des puits (légaux ou illégaux) ne suffit pas. Il est également nécessaire de créer les conditions propices à la recharge des aquifères.

À Téhéran, les activités de construction, le revêtement en asphalte, les surfaces bétonnées, le développement du réseau routier et l’expansion urbaine ont tous connu une augmentation considérable. En conséquence, l’imperméabilisation des sols s’est accrue et le pompage des eaux souterraines dépasse désormais la capacité de recharge naturelle ; ce déséquilibre a entraîné une baisse du niveau des nappes phréatiques, provoquant ainsi des affaissements de terrain.

Dans l’ensemble, les déclarations des responsables et des experts indiquent que la crise de l’eau en Iran ne constitue plus un simple défi temporaire ou saisonnier. Elle est devenue un problème structurel et multidimensionnel, lié aux modèles de développement urbain, à la gestion des eaux souterraines et au changement climatique. Plus important encore, la mauvaise gestion du régime iranien a conduit la crise de l’eau du pays dangereusement près d’un point de non-retour.

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