Les États-Unis et les États membres du Centre de ciblage du financement du terrorisme (Terrorist Financing Targeting Center – TFTC) ont imposé une nouvelle série de sanctions contre le réseau financier du Hezbollah au Liban, principal groupe mandataire du régime iranien dans ce pays. Dans le cadre de cette action conjointe, cinq entités ainsi que seize hauts dirigeants et responsables liés à la structure financière du Hezbollah ont été placés sous sanctions.
Le département du Trésor des États-Unis a annoncé, le mardi 30 juin, que ces sanctions visaient à affaiblir l’infrastructure financière du Hezbollah, à priver le groupe de ses sources de financement et à limiter ses capacités opérationnelles au Liban et dans l’ensemble de la région. Selon le communiqué, les deux principales institutions financières du Hezbollah, « Al-Qard Al-Hassan » et « Bayt al-Mal », ainsi que plusieurs de leurs hauts dirigeants et responsables, figurent parmi les entités visées par ces sanctions.
Le Hezbollah soutenu par le régime iranien sous forte pression
Le communiqué conjoint publié par les États membres du Centre de ciblage du financement du terrorisme souligne que les réseaux financiers liés aux groupes mandataires soutenus par le régime iranien menacent la stabilité régionale, la sécurité internationale, les intérêts communs et le commerce mondial. Le département du Trésor des États-Unis a également indiqué que le ciblage des ressources financières du Hezbollah s’inscrit dans le cadre des efforts internationaux visant à protéger le système financier mondial, à soutenir le peuple libanais et à empêcher les activités des réseaux terroristes affiliés au régime iranien.
Selon le département du Trésor, bien qu’Al-Qard Al-Hassan soit officiellement enregistrée comme une organisation non gouvernementale au Liban, elle fonctionne en réalité comme la banque officieuse du Hezbollah et fournit des services financiers bien au-delà de son mandat légal. Les autorités américaines affirment que le Hezbollah s’est servi de cette institution pour transférer des fonds, financer ses activités militaires et contourner les sanctions internationales. D’après le Trésor, au cours de la dernière décennie, ce réseau a fait transiter plus de 500 millions de dollars par le système bancaire libanais en utilisant des comptes intermédiaires et des sociétés écrans.
Parmi les personnes sanctionnées figurent plusieurs hauts responsables du réseau financier du Hezbollah, notamment Ahmad Mohammad Yazbek, directeur financier d’Al-Qard Al-Hassan ; Abbas Hassan Gharib, directeur des technologies de l’information de l’institution ; Ibrahim Ali Zaher, responsable de l’unité centrale des finances du Hezbollah ; Adel Mohammad Mansour, directeur exécutif d’Al-Qard Al-Hassan ; ainsi que Samer Hassan Fawaz, Ali Mohammad Karneeb et Imad Mohammad Baz.
Le département du Trésor des États-Unis a également identifié Bayt al-Mal comme la trésorerie financière officieuse du Hezbollah, chargée de conserver les avoirs du groupe, de gérer ses investissements et de superviser ses ressources financières, tout en servant d’intermédiaire entre le Hezbollah et le système bancaire officiel libanais. En outre, les sociétés « Al-Khubaraa for Accounting, Auditing and Studies » et « Tasheelat » ont également été sanctionnées pour leur rôle dans la gestion et le transfert des ressources financières du Hezbollah.
Le Hezbollah, désigné comme organisation terroriste par les États-Unis ainsi que par plusieurs pays occidentaux et arabes, constitue depuis quatre décennies le principal groupe mandataire du régime
iranien au Liban et reçoit de Téhéran une part importante de son soutien financier, militaire et logistique. Les autorités américaines et leurs alliés arabes ont souligné que l’objectif de cette nouvelle série de sanctions est de perturber les circuits de financement du Hezbollah et de limiter la capacité du groupe à poursuivre ses activités militaires et régionales.

