La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran s’inquiète d’une possible disparition forcée de détenus de la prison d’Evin
Vendredi 4 juillet, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, Mai Sato, a publié un message sur la plateforme de médias sociaux X, exprimant son inquiétude quant à la possible « disparition forcée » de plusieurs prisonniers politiques de la prison d’Evin, dont Ahmadreza Djalali, chercheur irano-suédois.
Mai Sato a notamment écrit : « Je continue de recevoir des informations faisant état d’une détérioration des conditions de détention des prisonniers transférés de la prison d’Evin vers le Grand Pénitencier de Téhéran et la prison de Qarchak, après les attaques israéliennes contre leurs installations. Le sort de certains prisonniers détenus à la prison d’Evin demeure inconnu, ce qui fait craindre des disparitions forcées. »
À la lumière des nombreux rapports faisant état de l’arrestation de centaines de personnes – dont des militants des médias, des utilisateurs des réseaux sociaux, des journalistes, des défenseurs des droits humains et des ressortissants étrangers tels que des migrants afghans, ainsi que des membres de minorités ethniques et religieuses –, elle s’est opposée à la vague actuelle d’arrestations pour « espionnage au profit d’Israël ».
La Rapporteuse spéciale des Nations Unies a également constaté l’escalade des exécutions de prisonniers reconnus coupables d’espionnage au profit d’Israël ou de collaboration avec des États hostiles.
« Je suis préoccupée par les déclarations officielles annonçant des procès expéditifs pour des accusations d’espionnage, exposant les individus à un risque accru d’exécution sommaire ou de sanction sans procédure régulière. Je suis également alarmée par le fait que le Parlement iranien propose une loi qui qualifierait les activités de renseignement ou d’espionnage menées pour le compte de “gouvernements hostiles” de “corruption sur terre”, un délit passible de la peine de mort. »
Mai Sato a lancé un avertissement au régime iranien : « Les situations d’après-conflit ne doivent pas être utilisées comme une occasion d’accroître la répression contre les minorités ethniques et religieuses ou de réprimer la dissidence. »
À la fin de son message, elle a appelé la communauté internationale à donner la priorité au soutien aux militants de la société civile iranienne et à fournir une assistance financière et technique aux « médias indépendants et aux organisations de défense des droits de l’homme ».

