Les prisonniers politiques de 52 prisons iraniennes ont entamé une grève de la faim dans le cadre de la campagne « Non aux exécutions le mardi ». Cette action de protestation vise à s’opposer à la vague d’exécutions, aux nouvelles condamnations à mort et à réclamer l’abolition de la peine capitale.
Cette grève de la faim intervient alors que des nouvelles alarmantes parviennent des prisons iraniennes : le décès de la prisonnière politique Somayeh Rashidi à la prison de Qarchak suite à une négligence médicale, l’exécution de Bahman Choobi Asl pour espionnage, les condamnations à mort de Hamed Validi et Nima Shahi, et la confirmation de la peine de mort de Peyman Farahavar. Parallèlement, un rapport des Nations Unies et le chiffre sans précédent de 871 exécutions au cours des six derniers mois révèlent une situation dramatique de violations des droits humains en Iran.
Le communiqué des prisonniers participant à la 88e semaine de la campagne « Non aux exécutions le mardi » est le suivant :
« 88e semaine de la campagne « Non aux exécutions le mardi » dans 52 prisons. Cette semaine, nous rendons hommage avec une profonde tristesse et une immense solidarité à Somayeh Rashidi, prisonnière politique décédée faute de soins médicaux. Son décès tragique illustre la politique de « mort lente » infligée aux prisonniers et met en lumière la situation des détenus malades en Iran, privés de leurs droits humains les plus fondamentaux. La campagne « Non aux exécutions le mardi » adresse ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches.
« Parallèlement, l’exécution de Bahman Choobi Asl pour espionnage le 29 septembre, les condamnations à mort de deux prisonniers politiques, Hamed Validi et Nima Shahi, par le tribunal révolutionnaire de Karaj, et la confirmation de la peine de mort de Peyman Farahavar par la Cour suprême témoignent de la persistance d’une répression et d’une violence préoccupantes contre le peuple iranien et les prisonniers. Ces verdicts injustes constituent une violation flagrante des droits humains et un instrument de répression qui doit cesser immédiatement. » « À cet égard, la position de Mme Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits humains en Iran, a une fois de plus attiré l’attention du monde entier sur la situation catastrophique des prisons iraniennes. Les statistiques – 46 exécutions la semaine dernière, 190 exécutions entre le 23 août et le 23 septembre, un nombre sans précédent depuis 35 ans, et 871 exécutions au cours des six derniers mois – révèlent la violation impitoyable des droits humains.
« La campagne « Pas de peine de mort le mardi », tout en condamnant ces crimes, réclame une nouvelle fois l’arrêt immédiat des condamnations à mort et la fin de ce processus inhumain. Notre voix exprime notre solidarité avec tous les prisonniers victimes d’oppression et d’injustice. Comme toujours, nous remercions tous les sympathisants de la campagne à travers le monde et soulignons que la machine d’exécution peut être arrêtée grâce à la solidarité et à l’unité.
« Chaque protestation contre une peine de mort est un pas en avant vers l’arrêt de ce processus cruel. Nous appelons tous les opposants à la peine de mort à dénoncer ces verdicts inhumains. »
Le mardi 30 septembre 2025, lors de sa 88e semaine d’action, les membres de la campagne « Pas de peine de mort le mardi » ont entamé une grève de la faim dans 52 prisons à travers le pays.

