Dans un communiqué, Amnesty International alerte sur le fait que des preuves crédibles, notamment des vidéos authentifiées et des témoignages oculaires, démontrent que les forces de sécurité iraniennes, lors de la répression des récentes manifestations, ont perpétré des exécutions extrajudiciaires d’une ampleur sans précédent.
Ces actions ont coïncidé avec une coupure d’internet à l’échelle nationale, instaurée le 8 janvier, et, selon l’organisation, visaient à dissimuler la réalité de la répression.
Dans son communiqué publié le mercredi 14 janvier, Amnesty International affirme que depuis le début de la nouvelle vague de manifestations, le 28 décembre, la répression meurtrière des manifestants – majoritairement pacifiques – a entraîné une augmentation sans précédent du nombre de victimes. Même selon les déclarations officielles des autorités iraniennes, le bilan des morts s’élève à environ 2 000 personnes. L’organisation souligne que l’impunité dont jouissent les forces de sécurité pour les crimes commis lors des manifestations passées et présentes encourage les responsables du régime iranien à persister dans la violence organisée.
Bijan Mostafavi, a retired educationist, his wife, Zahra Bani-Amariyan, and Danial Mostafavi, their son and 19-year-old student, were shot and killed by Iranian regime security agents in Karaj on Friday, January 9th.
The family was inside their private car at the time of the… pic.twitter.com/gyqYDtFIAO— Iran Focus (@Iran_Focus) January 15, 2026
Amnesty International a appelé les États membres des Nations Unies à prendre des mesures urgentes et coordonnées pour prévenir de nouveaux massacres, notamment en convoquant des sessions spéciales du Conseil des droits de l’homme et du Conseil de sécurité de l’ONU. L’organisation de défense des droits humains a également proposé, afin de mettre fin à l’impunité, la mise en place de mécanismes de justice internationale permettant d’enquêter sur les auteurs de crimes internationaux et de violations flagrantes des droits humains et de les poursuivre pénalement, et que la situation en Iran soit déférée devant la Cour pénale internationale.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, s’est dite préoccupée par l’intensité et l’ampleur des massacres de manifestants perpétrés depuis le 8 janvier. « Même au regard du bilan déjà sombre des autorités iraniennes en matière de violations flagrantes des droits humains et de crimes de droit international lors des vagues successives de manifestations, la gravité et l’ampleur des meurtres et de la répression depuis le 8 janvier sont sans précédent », a-t-elle déclaré, ajoutant que la communauté internationale devait immédiatement entreprendre des actions diplomatiques pour protéger les manifestants et s’opposer à la politique sanglante de l’État.
Le régime iranien confisque les antennes paraboliques
Selon les conclusions de l’organisation, les forces de sécurité – notamment le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), les unités Bassidj, la police et des agents en civil – ont tiré sur des manifestants non armés depuis les rues et même depuis les toits des immeubles, visant souvent la tête et le haut du corps. Des informations indiquent que les hôpitaux sont débordés par un afflux de blessés et que les familles recherchent les corps de leurs proches dans les morgues, les entrepôts et même les camions.
Amnesty International affirme que la coupure prolongée d’Internet a considérablement entravé la capacité de documenter les violations de manière indépendante et précise, et a accru le risque de destruction de preuves.
En conclusion, l’organisation de défense des droits humains souligne que, sans que les responsables ne rendent de comptes et ne soient poursuivis, le cycle de violence et de répression en Iran se poursuivra, et qu’il est de la responsabilité de la communauté internationale d’agir concrètement et d’urgence pour mettre fin à cette situation.

