Dans une déclaration officielle, un groupe d’experts des Nations Unies en matière de droits humains a appelé les autorités iraniennes à faire toute la lumière sur le sort et le lieu de détention des personnes arrêtées et disparues lors des manifestations nationales, et à suspendre immédiatement l’exécution de toutes les condamnations à mort liées à ces manifestations.
Cette déclaration, publiée le jeudi 20 février 2026, alerte sur la situation de milliers de manifestants détenus et sur l’inquiétude générale de leurs familles. Selon les experts, les autorités iraniennes ont confirmé à ce jour 3 117 décès et environ 3 000 arrestations, mais les organisations de défense des droits humains estiment que le nombre réel de personnes tuées et détenues se chiffre en dizaines de milliers. Parmi les détenus figurent des enfants, des militants, des journalistes, des avocats, des médecins, des artistes et même des ressortissants afghans.
Les experts soulignent que de nombreuses familles sont privées de tout contact régulier avec leurs proches et vivent dans une incertitude totale. Ils ont averti que le refus du gouvernement de fournir des informations sur le lieu de détention des personnes arrêtées ne fait qu’aggraver le climat d’ambiguïté et de méfiance et renforcer les scénarios les plus pessimistes. Le communiqué stipule : « Le peuple iranien a le droit de savoir ce qui se passe dans son pays. »
Ces avertissements interviennent alors que les restrictions généralisées d’Internet entrent dans leur sixième semaine. Selon des informations, l’accès complet à Internet n’est possible que pour les utilisateurs autorisés par le gouvernement, tandis qu’une grande partie des citoyens sont confrontés à de fortes limitations ou doivent recourir à des services VPN coûteux. Parallèlement, des informations font état de contrôles de rue au cours desquels les forces de sécurité vérifient les téléphones portables des citoyens à la recherche de contenu lié aux manifestations, notamment des images, des vidéos et des activités sur les réseaux sociaux.
Mme Mai Sato et des rapporteurs sur les droits humains ont qualifié la situation en Iran de dramatique
Les experts se sont également inquiétés de la diffusion, par les médias d’État, de ce qu’ils ont décrit comme des aveux forcés et ont souligné que le fait de qualifier de terroristes les manifestants qui exercent leurs droits fondamentaux constitue une violation flagrante des principes des droits humains.
La déclaration souligne que l’interdiction des disparitions forcées, de la torture et des violations du droit à la vie constitue une norme impérative du droit international et ne saurait être suspendue ni enfreinte en aucune circonstance. Les experts ont appelé à l’arrêt immédiat de toutes les exécutions, à la révélation du sort des personnes disparues, à la libération des personnes détenues arbitrairement, au rétablissement intégral de l’accès aux communications et à la conduite d’enquêtes indépendantes et impartiales sur les violations des droits humains.
Parmi les signataires de la déclaration figurent des rapporteurs spéciaux et des membres de plusieurs groupes de travail sur les droits humains, notamment le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, le Groupe de travail sur la détention arbitraire, le Rapporteur spécial sur la torture, le Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, ainsi que d’autres experts indépendants dans les domaines de la justice, des minorités, de la santé, de la protection de la vie privée et de la lutte contre le terrorisme.
Cette nouvelle prise de position a fait entrer la pression internationale sur Téhéran dans une nouvelle phase suite aux récentes manifestations de grande ampleur et a fait des exigences de transparence et de responsabilité l’un des piliers centraux des attentes de la communauté internationale.

