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La FIFA dénonce les violations des droits humains en Iran avant la Coupe du Monde

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Alors que le monde se prépare pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, un débat crucial émerge parmi les militants des droits humains, les athlètes et les défenseurs des libertés : un régime qui, pendant des décennies, a réprimé, emprisonné et exécuté ses athlètes peut-il utiliser la plus prestigieuse scène mondiale du football pour gagner en légitimité et en crédibilité politiques ?

Cette question ne se limite pas au football. Elle concerne le lien entre le sport et les valeurs que la FIFA et les instances sportives internationales ont toujours défendues, telles que la dignité humaine, le respect des droits humains et la lutte contre la discrimination et la répression.

La communauté sportive internationale n’est jamais restée silencieuse face à certains régimes. L’exemple le plus frappant est celui du régime d’apartheid sud-africain, exclu pendant des années des compétitions internationales de football et de nombreux autres événements sportifs en raison de ses politiques racistes.

La FIFA a suspendu l’adhésion de l’Afrique du Sud en 1961 et l’a exclue définitivement en 1976. L’Afrique du Sud n’a pu réintégrer la communauté footballistique mondiale qu’après la fin de l’apartheid et le début des réformes politiques.

Cette décision a démontré que le sport international ne souhaite pas devenir un instrument de normalisation et de légitimation des gouvernements qui violent les droits humains fondamentaux.

D’autres exemples existent. La Yougoslavie a été exclue des principales compétitions de football en 1992 en raison de sanctions internationales. Plus récemment, la Russie a également subi d’importantes restrictions et suspensions dans le football international à cause de la guerre en Ukraine.

Ainsi, l’histoire montre que la FIFA, dans certaines circonstances, a pris des mesures qui dépassent le cadre du terrain.

Athlètes : victimes oubliées en Iran

Les détracteurs de la participation du régime iranien à la Coupe du monde 2026 affirment que le gouvernement a non seulement manqué à son devoir de soutien au sport, mais a également poursuivi, arrêté et exécuté à plusieurs reprises des athlètes pour leurs opinions politiques ou leur soutien aux manifestations populaires.

Au cours des quarante dernières années, un nombre important d’athlètes iraniens ont été arrêtés, torturés, suspendus ou exécutés. Des noms comme celui de Navid Afkari, champion iranien de lutte, restent gravés dans la mémoire collective internationale. Avant lui, des athlètes tels que Habib Khabiri, capitaine de l’équipe nationale de football iranienne ; Forouzan Abdi, membre de l’équipe nationale féminine de volley-ball iranienne ; Houshang Montazer-ol-Zohour, lutteur gréco-romain ; Samad Montazeri, champion d’haltérophilie ; Aladdin Atrati Koushali ; et Mahshid Razaghi ont figuré parmi les victimes de la répression politique.

Par ailleurs, des dizaines d’autres athlètes ont été exclus des équipes nationales et des compétitions internationales pour avoir soutenu des manifestations ou exprimé des opinions personnelles.

Football iranien : sport ou outil politique ?

L’une des critiques formulées concerne l’influence considérable des structures gouvernementales et sécuritaires sur le football iranien. Les critiques affirment que la Fédération de football et de nombreux grands clubs sont sous l’influence d’institutions liées au régime, et que le succès sportif est devenu un outil de propagande politique, au lieu d’appartenir au peuple et aux joueurs.

Dans ce contexte, la présence de l’équipe nationale à la Coupe du monde n’est pas perçue comme un simple événement sportif, mais comme une occasion de projeter une image de légitimité et de normaliser l’image d’un régime confronté à d’importantes manifestations intérieures et à des critiques internationales.

Voix d’anciens footballeurs et athlètes iraniens

L’opposition à la participation du régime iranien à la Coupe du monde 2026 ne vient pas seulement des militants politiques. Plusieurs athlètes de renom et anciens membres de l’équipe nationale ont également appelé à un examen approfondi de la question.

Parmi les signataires de cet appel figurent Moslem Eskandarfelabi, président de la Commission des sports du Conseil national de la Résistance iranienne ; Mohammad Ghorbani, champion du monde de lutte ; et Asghar Adibi, ancien footballeur de l’équipe nationale iranienne. Bahram Mavedat, membre de l’équipe nationale iranienne lors de la Coupe du Monde 1978 ; Hassan Nayeb-Agha, membre de l’équipe iranienne lors de la Coupe du Monde 1978 et des Jeux Olympiques de 1976 ; et Abbas Novin-Rouzegar, ancien international iranien.

Ces athlètes estiment que la FIFA ne devrait pas permettre à un régime qu’ils tiennent pour responsable de la répression et de l’élimination de nombreux athlètes iraniens d’instrumentaliser la Coupe du Monde à des fins politiques.

Une question à laquelle la FIFA doit répondre

L’argument principal des opposants n’est pas de priver les joueurs iraniens de football. La question est de savoir si un régime accusé de violations généralisées des droits humains et de répression à l’encontre des athlètes devrait être autorisé à utiliser la bannière du football national pour acquérir une légitimité politique lors du plus grand tournoi au monde.

Alors que la FIFA a par le passé pris position concernant l’Afrique du Sud de l’apartheid et d’autres cas exceptionnels, elle est désormais confrontée à la question de savoir si elle appliquera sans discrimination les principes qu’elle a énoncés en matière de droits humains et de dignité humaine.

La FIFA dénonce les violations des droits humains en Iran avant la Coupe du MondeLa Coupe du monde 2026 ne sera pas une simple compétition de football. Pour de nombreux Iraniens, elle est devenue un test permettant de vérifier si les institutions sportives internationales restent fidèles aux valeurs qu’elles prônent depuis des années. La réponse de la FIFA à cette exigence sera sans aucun doute jugée bien au-delà de la pelouse des stades.

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