Zahra Shahbaz Tabari, prisonnière politique détenue à la prison de Lakan à Rasht, a été une fois de plus condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire de Rasht. Elle est accusée de *baghi* (rébellion armée contre l’État) en raison de son appartenance et de ses activités au sein de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), et ce, après que sa précédente condamnation a été annulée par la Cour suprême.
Le verdict a été prononcé le 14 avril et a été récemment notifié à Shahbaz Tabari à la prison de Lakan, à Rasht. Cette peine capitale a été prononcée par Mohammad Ali Darvish-Goftar, président de la deuxième chambre du Tribunal révolutionnaire de Rasht.
En janvier 2026, plus de 400 femmes éminentes du monde entier, ainsi qu’un groupe d’experts des Nations unies, ont lancé des appels distincts pour exiger la suspension de l’exécution de Shahbaz Tabari.
Cette prisonnière politique de 68 ans avait été condamnée à mort par la première chambre du Tribunal révolutionnaire de Rasht fin octobre 2025 ; toutefois, la Cour suprême avait annulé ce jugement et renvoyé l’affaire devant la deuxième chambre du Tribunal révolutionnaire de Rasht pour un nouveau procès.
Dans une lettre datée du 4 novembre 2025, Shahbaz Tabari a exposé en détail la peine de mort prononcée à son encontre et, invoquant diverses dispositions juridiques, a qualifié cette sentence de dénuée de fondement légal, y voyant la preuve de l’absence d’un procès équitable.
Dans une partie de sa lettre, la prisonnière politique a indiqué que sa condamnation avait été prononcée sur la base d’accusations de *baghi* liées à son appartenance à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), et qu’elle avait par ailleurs été condamnée à un an de prison pour propagande contre le régime.
Elle a cité l’installation d’une banderole portant le slogan « Femme, Résistance, Liberté », ainsi que la présence sur son téléphone portable d’un fichier audio qu’elle n’avait transmis à personne, comme étant les éléments de preuve retenus à son encontre.
Amnesty International a également appelé à l’annulation immédiate de la peine de mort prononcée contre Shahbaz Tabari, dans un communiqué publié le 31 octobre 2025, soulignant que cette condamnation à mort faisait suite à un procès profondément inique. Les forces de sécurité ont fait une descente au domicile de Shahbaz Tabari le 17 avril 2025 ; après avoir fouillé la résidence, elles l’ont arrêtée et transférée à la prison de Lakan, à Rasht.
Shahbaz Tabari est diplômée de l’Université de technologie d’Ispahan, ingénieure en électricité et membre de l’Organisation des ingénieurs d’Iran. Elle a obtenu son master en énergies durables à l’Université de Borås, en Suède.
L’émission, la confirmation et l’exécution de condamnations à mort à l’encontre de prisonniers politiques en Iran se sont intensifiées ces derniers mois, notamment à la suite des événements liés à la « guerre des 40 jours » ; les organisations de défense des droits humains ont, à maintes reprises, mis en garde contre la recrudescence de cette tendance.
Les analyses indiquent que le régime iranien a exécuté au moins 39 prisonniers politiques entre le 18 mars et le 26 mai 2026. Parmi les personnes exécutées, 15 avaient été arrêtées lors des manifestations de janvier et huit étaient membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK).
Le 26 mai, la campagne « Les mardis du Non aux exécutions » a appelé les organisations internationales de défense des droits humains ainsi que les « consciences éveillées » à prendre des mesures efficaces pour empêcher la poursuite des exécutions, et à se tenir aux côtés du peuple iranien et de ses revendications de liberté, de justice et d’abolition de la peine de mort, face à la tragédie que représentent ces exécutions.
Lire aussi : Le régime iranien exécute deux manifestants supplémentaires de l’insurrection de janvier – I

