Des informations en provenance de la prison de Sheiban, à Ahvaz, indiquent que le prisonnier politique Massoud Jamei — condamné deux fois à mort — a été transféré à l’isolement après avoir scandé des slogans de protestation à l’intérieur de l’établissement ; il y est détenu dans des conditions très dures.
Selon l’Association des droits de l’homme d’Iran, ce prisonnier politique est maintenu dans une cellule dépourvue de climatisation, malgré la chaleur extrême qui règne à Ahvaz. Des sources bien informées ont également rapporté qu’il a eu le crâne rasé et qu’il a subi des sévices physiques et psychologiques visant à l’humilier et à briser sa volonté.
D’après le rapport, Massoud Jamei a été placé à l’isolement sur ordre de l’administration pénitentiaire après avoir manifesté son mécontentement par des slogans. Des sources indiquent que la hausse des températures dans la province du Khouzistan, combinée à sa détention dans une cellule sans climatisation, suscite de vives inquiétudes quant à son état de santé physique.
Des sources proches du dossier ont également précisé qu’après son transfert à l’isolement, les agents pénitentiaires lui ont rasé le crâne et l’ont soumis à une forte pression physique et psychologique. Les responsables de la prison de Sheiban et les autorités judiciaires iraniennes n’ont fait aucun commentaire à ce sujet.
Selon les informations publiées, il souffre d’un cancer malin de l’estomac, d’insuffisance hépatique et rénale, d’hypertension, d’une infection interne et d’une stéatose hépatique. Les conditions de détention précaires et le refus de lui prodiguer des soins médicaux ont aggravé ses pathologies.
Malgré les alertes répétées concernant la santé de ce prisonnier politique, les autorités ont jusqu’à présent refusé d’autoriser son transfert vers des établissements médicaux extérieurs à la prison ; le procureur d’Ahvaz et les services de sécurité iraniens font obstacle à son hospitalisation.
Massoud Jamei, agent de sécurité sur un site pétrolier, est marié et père de quatre enfants. Il a été arrêté par les forces de sécurité iraniennes le 1er août 2023 et, après de longs interrogatoires, transféré à la prison de Sheiban, à Ahvaz. Durant l’hiver 2024-2025, son épouse et trois de ses enfants ont également été jugés par le Tribunal révolutionnaire du comté de Bavi, notamment pour « contacts avec
des groupes d’opposition au régime » et « appartenance à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) ». Selon un jugement rendu par la première chambre du tribunal révolutionnaire d’Ahvaz, présidée par le juge Adibi-Mehr, et qui lui a été officiellement notifié le 11 juillet 2025, Massoud Jamei a été condamné à deux reprises à la peine capitale ainsi qu’à une peine d’un an d’emprisonnement discrétionnaire. Les dernières informations faisant état de son transfert à l’isolement, d’actes de torture et de privation de produits de première nécessité ont encore accru les inquiétudes des défenseurs des droits humains quant à la situation de ce prisonnier politique.

