IranFemmesDes membres du régime reconnaissent que la majorité des...

Des membres du régime reconnaissent que la majorité des Iraniens sont mécontents

-

Hossein Marashi, secrétaire général du parti des « Cadres de la construction » (Executives of Construction Party), reconnaît l’existence d’un fossé social entre le peuple iranien et le régime. Alors que les autorités ont, ces dernières années, tenté d’attribuer les manifestations populaires généralisées à des acteurs étrangers ou à des mouvements d’opposition, les récentes déclarations de Marashi ont de nouveau attiré l’attention sur les racines internes des crises politiques et sociales que traverse l’Iran. Ses propos, tenus lors d’un entretien avec le journal officiel *Etemad* et relayés par divers médias, ont suscité un vaste débat sur l’ampleur du fossé social séparant le gouvernement de la société.

Dans cet entretien, Marashi a évoqué ouvertement l’inefficacité des structures économiques, sociales et judiciaires. Il a souligné que si le régime iranien avait réussi à mettre en place un système perçu par la majorité de la population comme efficace et exempt de corruption, la perception qu’a la société du pouvoir religieux aurait également été différente. Il a affirmé que la corruption administrative, les problèmes économiques et la méfiance envers les institutions officielles ont conduit une grande partie de la société à prendre ses distances avec le gouvernement.

Le fossé social et l’éloignement du gouvernement vis-à-vis de la majorité de la population
Une part importante des propos de Marashi portait sur le fossé social entre le gouvernement et la population. Il a insisté sur le fait qu’un gouvernement ne peut rester en conflit avec la majorité de la société tout en espérant maintenir la stabilité.

Dans une remarque notable, Marashi a souligné que les goûts musicaux de la population diffèrent de la position officielle du gouvernement. Il a noté que la culture de la société suit une voie différente et que les aspirations d’une grande partie de la population ne correspondent pas à celles de l’establishment au pouvoir. Il a même évoqué la nécessité pour le système du *Velayat-e Faqih* (la tutelle du juriste islamique) de s’adapter aux attentes d’environ 70 % de la société, avertissant que le maintien de ce fossé pourrait entraîner de graves conséquences.

De nombreux observateurs ont interprété ces déclarations comme une reconnaissance rare de l’existence d’un profond fossé social en Iran. Ce fossé s’est manifesté à maintes reprises ces dernières années par des manifestations nationales et un mécontentement populaire généralisé.

Reconnaissance des conséquences du massacre de janvier 2026
L’un des aspects les plus controversés de l’entretien concernant le fossé social a trait aux événements de janvier. Évoquant les événements des 8 et 9 janvier 2026, Marashi a déclaré que si la situation avait été gérée différemment et que ces événements ne s’étaient pas produits, la situation actuelle du pays serait également différente.

Ces propos ont été perçus comme une reconnaissance implicite du rôle des décisions gouvernementales dans le déclenchement de la crise et ses conséquences. Pour la première fois, une personnalité proche du pouvoir en place, au lieu de nier totalement les événements, a évoqué une mauvaise gestion et son impact sur la situation actuelle.

Marashi a également attribué les manifestations à des années de mécontentement accumulé. Il a fait référence aux mouvements de contestation de 1999, 2009, 2017, 2019 et 2022, soulignant que de nombreux griefs et frustrations étaient restés sans réponse et s’étaient accumulés au sein de la société, telles des braises sous la cendre.

Crainte d’une réédition de la crise
Dans une autre partie de l’entretien, Marashi a mis en garde contre l’avenir. Il estime que la colère sociale persiste au sein de la société et pourrait resurgir dans de nouvelles circonstances. Les accords politiques ou les évolutions régionales ne suffisent pas, à eux seuls, à dissiper ce mécontentement accumulé.

Il a insisté sur le fait que les problèmes économiques, le chômage des jeunes, la corruption et l’inefficacité demeurent les principales causes du mécontentement de la population. Ignorer ces questions pourrait ouvrir la voie à de nouvelles crises.

Les propos de Marashi sont significatifs car, contrairement au discours officiel du gouvernement, ils situent la source principale de la crise au sein même des structures du régime. La reconnaissance d’une fracture sociale généralisée, du mécontentement de la majorité de la population, ainsi que des conséquences de la répression des manifestations par les forces de sécurité et de la mort de milliers de jeunes Iraniens, offre une image différente de l’état actuel de la société iranienne.

Des membres du régime reconnaissent que la majorité des Iraniens sont mécontentsLes références au mécontentement d’une grande partie de la société, à l’inefficacité des structures gouvernementales et aux conséquences des événements sanglants de janvier indiquent que même certaines personnalités politiques proches du pouvoir alertent sur le fossé grandissant entre la population et le régime.

7,062FansJ'aime
1,196SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Dernières nouvelles

Manifestations étudiantes généralisées à travers le pays ; opposition aux politiques éducatives

Les manifestations étudiantes contre les politiques éducatives du régime iranien — en particulier concernant l'incidence obligatoire des moyennes scolaires...

Expansion de la recherche de rentes et de la corruption dans l’industrie automobile iranienne

Les importations de voitures et les crises qui en découlent constituent aujourd'hui l'un des problèmes majeurs de l'Iran. En...

Les États-Unis sanctionnent un réseau impliqué dans la vente de gaz de pétrole liquéfié iranien

Les États-Unis ont sanctionné un réseau impliqué dans la vente de gaz de pétrole liquéfié (GPL) iranien. Le vendredi...

Les travailleurs de la sidérurgie au Sistan-et-Baloutchistan face à l’incertitude alors que l’économie iranienne s’enfonce dans la crise

Alors que les crises économiques et la stagnation de la production pèsent lourdement sur le quotidien des travailleurs, de...

Le prisonnier politique Soheil Arabi, depuis la prison de Ghezel Hesar : « Ici, ça sent la mort et l’exécution »

Soheil Arabi, un ancien prisonnier politique récemment libéré de la prison de Ghezel Hesar à Karaj, a décrit les...

De l’inflation à l’insécurité alimentaire : l’Iran glisse vers une famine invisible

Les indicateurs actuels suggèrent qu'une grande partie de la société iranienne ne fait pas face à une pénurie absolue...

Doit lire

vous pourriez aussi aimer EN RELATION
Recommandé pour vous