Le pouvoir judiciaire du régime iranien a condamné à mort Sepehr Amirzadeh, étudiant en médecine et prisonnier politique actuellement détenu à la prison d’Ispahan. Selon des sources liées aux droits humains, l’aide qu’il a apportée à des manifestants blessés lors des manifestations nationales de janvier a joué un rôle déterminant dans les poursuites engagées à son encontre.
L’Association pour les droits de l’homme en Iran a annoncé, le jeudi 13 août, que les détails des chefs d’accusation, les éléments de preuve retenus par le tribunal ainsi que le texte intégral de la condamnation à mort du jeune manifestant n’ont pas encore été publiés ni rendus publics.
Toutefois, des informations indiquent que l’assistance médicale et les premiers soins prodigués par cet étudiant, né en 2003, à plusieurs manifestants blessés ont été pris en compte par les autorités gouvernementales et judiciaires au cours de l’enquête et de la procédure de condamnation.
Originaire de Ramhormoz, dans la province du Khouzistan, et résidant à Ispahan, Sepehr Amirzadeh a été arrêté à son domicile d’Ispahan le 13 janvier. Après son arrestation, il a été maintenu en détention dans des locaux des services de sécurité avant d’être transféré à la prison de la ville pour y subir des interrogatoires complémentaires.
Le jugement complet, les détails des preuves ayant justifié la peine capitale, ainsi que des informations suffisantes concernant l’accès de Sepehr Amirzadeh à un avocat de son choix et sa possibilité d’assurer une défense efficace, n’ont pas encore été communiqués.
Par ailleurs, il est particulièrement important de clarifier le chef d’accusation exact, la chambre du tribunal ayant rendu le jugement, les éléments de preuve du dossier ainsi que l’état d’une éventuelle procédure d’appel.
La Maison des droits de l’homme d’Iran souligne que prodiguer des soins médicaux à une personne blessée, quelles que soient son identité ou ses opinions politiques, relève directement des principes fondamentaux de l’éthique médicale et de considérations humanitaires.
Par conséquent, le fait d’utiliser une telle activité comme élément de preuve dans une affaire aboutissant à une condamnation à mort suscite de très vives inquiétudes quant à la sécurité des médecins, des étudiants en médecine et des secouristes.
L’Union européenne et 26 pays ont publié une déclaration commune, le mercredi 12 août, condamnant l’exécution de manifestants en Iran et appelant le régime iranien à mettre fin au recours à la peine de mort ainsi qu’à libérer les personnes détenues arbitrairement. Les pays signataires de la déclaration ont également appelé les autorités du régime iranien à prendre des mesures concrètes pour garantir le respect des droits de l’homme et, au lieu de poursuivre la répression, à répondre aux revendications du peuple iranien.

