Le Centre de statistique iranien a signalé une forte augmentation des prix des denrées alimentaires, plus d’un tiers des produits de première nécessité ayant connu des hausses de prix comprises entre 40 % et 103 % en janvier 2025 par rapport à l’année précédente.
Les hausses les plus importantes ont été enregistrées dans les légumineuses et les fruits, renforçant les inquiétudes concernant l’inflation et la crise croissante de la sécurité alimentaire dans le pays.
Selon le dernier rapport du Centre de statistique iranien, les prix de nombreux produits alimentaires essentiels, notamment le pain, les céréales, la viande, les produits laitiers, les légumes et les légumineuses, ont atteint des niveaux sans précédent. Certains produits ont enregistré des hausses de prix à deux chiffres, l’aubergine ayant augmenté de 40,6 %, les pommes de terre de plus de 20 % et le beurre pasteurisé ayant connu une augmentation significative.
Dans la catégorie des fruits et fruits secs, les grenades ont connu la plus forte hausse de prix, soit 11,1 %, suivies des bananes (3,7 %) et des pommes (3,6 %) par rapport au mois précédent. En revanche, certains fruits ont connu une légère baisse de prix, les melons ayant chuté de 9,6 % et les oranges de 4,6 %.
La crise du marché du riz : monopole et échecs des politiques
La flambée des prix du riz reste l’un des problèmes économiques les plus alarmants. Le chef du Syndicat des grossistes en produits alimentaires a révélé que les prix du riz iranien ont augmenté de 45 % au cours de l’année écoulée, le prix d’un kilo passant d’un million de rials à 1,45 million de rials.
Il a attribué cette hausse aux politiques gouvernementales qui ont forcé les importateurs à acheter un kilo de riz iranien pour deux kilos de riz importé. Cette mesure a permis aux principaux importateurs de dominer le marché en obtenant des contrats exclusifs avec les agriculteurs dès le début de la saison de plantation, leur permettant de contrôler les prix sur les marchés.
En outre, la suppression du taux de change subventionné NIMA a encore fait grimper les prix du riz importé. Selon des sources industrielles, il y a deux mois, un kilo de riz importé était vendu à 470 000 rials sur les marchés de gros, tandis que les consommateurs l’achetaient à 500 000 rials. Cependant, les prix de gros actuels ont grimpé de 500 000 à 750 000 tomans, reflétant une augmentation significative des coûts d’importation et leur impact sur les consommateurs.
Les produits laitiers deviennent un produit de luxe
La hausse continue des prix des produits laitiers a forcé de nombreuses familles iraniennes à réduire ou à éliminer complètement ces produits de leur alimentation. Ali Ehsan Zafari, président de l’Union des produits laitiers, a déclaré que la hausse des prix a entraîné une baisse de la demande, provoquant un ralentissement de l’industrie laitière et une réduction de la production.
Selon un rapport de l’agence de presse officielle ISNA, les prix des produits laitiers ont fortement augmenté à plusieurs reprises au cours des trois derniers mois. Le Centre de statistique iranien estime que l’inflation des produits laitiers se situe entre 27 % et 43 %, ce qui les rend moins accessibles aux familles à faible revenu et détériore encore davantage la qualité nutritionnelle du régime alimentaire de nombreux Iraniens.
Hausse du coût de la vie et difficultés des ménages
Les rapports économiques indiquent qu’en janvier 2025, les dépenses alimentaires d’un ménage de quatre personnes représentaient environ 58 % du salaire minimum, ce qui reflète de fortes pressions financières sur les familles iraniennes, car l’inflation continue d’affaiblir leur pouvoir d’achat.
Les experts économiques avertissent que la hausse continue des prix des denrées alimentaires pèsera davantage sur les ménages, ce qui rendra de plus en plus difficile l’obtention de biens essentiels, en particulier dans le contexte de la forte vague d’inflation en cours sur les marchés. Les fluctuations du marché devraient s’intensifier dans les mois à venir, exacerbant la détresse économique des familles.
Dans ces circonstances, garantir l’approvisionnement en aliments de base est devenu l’un des plus grands défis quotidiens des citoyens iraniens, car le niveau de vie continue de baisser et la détérioration économique crée une réalité de plus en plus difficile pour les ménages.

