EconomyÉconomieLa corruption systémique fait couler le régime iranien

La corruption systémique fait couler le régime iranien

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Dans un aveu rare reflétant l’ampleur de l’effondrement économique et des troubles politiques en Iran, Majid-Reza Hariri, président de la Chambre de commerce Iran-Chine, a dénoncé des niveaux sans précédent de corruption financière et de contrebande organisée au sein des institutions étatiques. Il a averti que le « navire iranien » était sur le point de couler si les nombreuses failles de la corruption n’étaient pas colmatées de toute urgence.

Selon ses déclarations franches, l’Iran connaît une fuite de capitaux annuelle de 25 milliards de dollars, soit une moyenne d’environ 68 millions de dollars par jour, dans une économie qui a perdu toute forme de transparence et de contrôle. Hariri a expliqué que près de 20 milliards de dollars de ce montant sont dus à des importations non réglementées, tandis que 10 milliards de dollars sortent clandestinement du pays sous forme de fuite de capitaux, investis dans l’immobilier à Toronto, Barcelone, Dubaï, Istanbul et Mascate. Il a souligné que cette hémorragie financière continue est alimentée par un environnement corrompu qui pousse les riches à transférer leurs fortunes à l’étranger en quête de sécurité.

Ce qui frappe le plus dans les déclarations de Hariri, ce ne sont pas seulement les chiffres effarants, mais aussi son insistance sur le caractère systématique et institutionnalisé de la corruption en Iran. Elle ne se limite pas à un seul secteur ; elle imprègne les institutions publiques, les organismes gouvernementaux et même le secteur privé. Il a déclaré sans ambages : « Personne n’est à l’abri ; la corruption est devenue un système en soi… ceux qui n’y participent pas sont perçus comme faibles. » Il a souligné que ce phénomène n’est pas nouveau, puisqu’il remonte au milieu des années 2000, lorsque les scandales de détournement de fonds majeurs ont commencé à se multiplier, les cas individuels atteignant désormais des dizaines de milliers de milliards de tomans, largement ignorés par l’État.

Dans ce contexte, Hariri a lancé un sombre avertissement : 70 % de la population iranienne vit désormais au niveau ou en dessous du seuil de pauvreté, en particulier les ouvriers, les petits artisans et les agriculteurs. Il a souligné que le salaire minimum du pays ne dépasse pas aujourd’hui 40 dollars par mois, dans un contexte de flambée incessante des prix et d’effondrement du pouvoir d’achat. « Nous discutons pendant des mois de légères augmentations de salaire, puis nous approuvons une augmentation d’un ou de vingt millions de rials. Ce n’est pas une solution ; c’est une farce économique », a-t-il déploré.

Les propos de Hariri trahissent également un sentiment réel de peur au sein du régime – non seulement de la ruine financière, mais aussi d’une explosion sociale imminente. Son aveu que « tout le monde coule » – des riches aux pauvres, des radicaux aux réformateurs – révèle une prise de conscience interne croissante que le navire court droit au désastre et que la poursuite de la trajectoire actuelle pourrait déclencher une vague de colère publique massive et incontrôlable.

La corruption systémique fait couler le régime iranienL’Iran se trouve désormais à un tournant critique. Les fondements sociaux et économiques du pays se désintègrent, et la confiance entre le régime et son peuple a quasiment disparu. Face à cette fragmentation, l’idéologie ne peut plus masquer la réalité, et les mesures de répression sécuritaire ne suffisent plus à réprimer le mécontentement croissant de la population. Même des voix au sein du régime admettent désormais que la corruption a atteint des niveaux existentiels et qu’une éruption sociale n’est pas seulement une possibilité, mais une réalité imminente. La question urgente demeure : le régime se réformera-t-il avant de s’effondrer, ou le moment de l’explosion est-il déjà proche ?

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