Bloomberg rapporte que plus de 10 pétroliers transportant du pétrole brut du régime iranien, sanctionnés par les États-Unis, sont bloqués près des côtes malaisiennes. Cela pourrait être le signe d’un ralentissement des expéditions de pétrole iranien vers la Chine.
Dans un rapport publié le jeudi 27 mars, Bloomberg a également indiqué que certains de ces pétroliers sont ancrés dans les eaux malaisiennes depuis plus d’un mois et n’ont toujours pas trouvé acheteur.
Selon le rapport, basé sur les données de suivi des navires, au moins 11 pétroliers transportant du pétrole brut du régime iranien ont été bloqués près de la Malaisie cette semaine ou naviguaient très lentement.
Bloomberg indique que ces navires transportent environ 17 millions de barils de pétrole iranien et se sont rassemblés dans une zone à l’ouest de la péninsule malaisienne, un lieu fréquemment utilisé pour les transferts de pétrole iranien.
Selon des informations précédemment publiées, le pétrole iranien présent dans ces eaux est transféré vers des pétroliers dont la propriété est obscure ou incertaine avant de poursuivre son voyage vers la Chine ou d’autres destinations.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a de nouveau adopté la politique de « pression maximale » contre l’Iran. Cette politique vise notamment à « réduire à zéro les exportations de pétrole iranien » afin d’empêcher le régime de financer ses groupes militants régionaux par procuration et d’acquérir des armes nucléaires.
Le rapport de Bloomberg publié jeudi indique que le transfert de pétrole brut depuis les principaux terminaux d’exportation iraniens, comme l’île de Kharg, vers des zones de transfert de navire à navire comme la Malaisie a été étroitement surveillé ces derniers mois en raison de la mise en œuvre de la politique du président américain à l’égard de l’Iran.
La publication, citant des données d’OilX, indique que le volume de pétrole iranien bloqué près de la Malaisie et de Singapour est à son plus haut niveau depuis août dernier.
On ignore si ces cargaisons sont en attente de transfert de navire à navire ou si elles attendent des acheteurs de raffineries privées chinoises.
Ces dernières années, le régime iranien a eu recours à une « flotte fantôme » pour transférer et vendre son pétrole. Ces pétroliers désactivent leurs systèmes d’identification automatique, effectuent des transferts de navire à navire en plein océan, rebaptisent le pétrole et emploient d’autres tactiques pour finalement livrer le brut iranien aux ports chinois.
L’administration Trump, outre les sanctions contre le ministre iranien du Pétrole, a annoncé quatre séries de sanctions économiques contre Téhéran au cours des deux derniers mois. Ces sanctions visent également les pétroliers iraniens ainsi que les petites raffineries privées en Chine.
Selon les données de Bloomberg, plus des deux tiers des pétroliers transportant du pétrole brut iranien ont été sanctionnés depuis fin février.
Cependant, la publication prédit que les actions américaines ne devraient pas interrompre complètement le commerce pétrolier entre l’Iran et la Chine.
Par ailleurs, mercredi, le gouvernement américain a annoncé avoir intenté une action en justice devant un tribunal de Washington D.C. pour saisir les revenus d’un million de barils de pétrole iranien à titre de compensation en raison de ses liens avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

