Jafar Jandaghi, directeur du Centre de gestion des maladies non transmissibles du ministère iranien de la Santé, a déclaré que le nombre de décès liés au cancer dans le pays doublerait au cours des 15 prochaines années.
Selon lui, 79 000 personnes meurent chaque année du cancer en Iran. Cette statistique survient alors que la hausse du prix des médicaments a rendu le traitement des maladies chroniques, comme le cancer, accessible uniquement à une classe économique privilégiée.
En 2024, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti que le nombre de nouveaux cas de cancer dans le monde dépasserait les 35 millions d’ici 2050.
Début mars 2025, Jafar Jandaghi a signalé qu’environ 390 nouveaux cas de cancer étaient diagnostiqués chaque jour en Iran, soit un total de 142 350 cas par an. Il a également indiqué que 216 personnes mouraient du cancer chaque jour, soit 79 000 décès par an.
L’année dernière, deux statistiques contradictoires ont été publiées concernant l’incidence et la détection du cancer en Iran.
En novembre 2023, le directeur du Bureau de gestion des maladies non transmissibles du ministère de la Santé a déclaré qu’entre 85 000 et 90 000 nouveaux cas de cancer étaient détectés chaque année en Iran, soit 233 à 247 cas par jour. Une comparaison entre les chiffres de l’année dernière et ceux de cette année montre une augmentation de 58 à 67 % du nombre de cas détectés.
Cependant, en février 2024, le ministère de la Santé a indiqué que l’incidence du cancer en Iran avait atteint 150 000 cas par an, ce qui contredit à la fois les chiffres de l’année précédente et les données les plus récentes. Cet écart pourrait suggérer une tendance à la baisse, bien qu’aucune source officielle n’ait confirmé ou étayé cette affirmation.
Flèche des prix des médicaments et interruption des traitements contre le cancer
L’avertissement de Jandaghi concernant la hausse des taux de mortalité par cancer intervient dans un contexte de forte hausse des prix des médicaments ces derniers mois. Plusieurs sources ont tiré la sonnette d’alarme quant à l’imminence d’une crise pharmaceutique.
Des familles iraniennes contraintes d’abandonner le traitement contre le cancer de leurs enfants
Le journal d’État Ham-Mihan a rapporté, citant le PDG de l’Institut de soutien aux enfants atteints de cancer du Khorasan, qu’en février 2025, certaines familles avaient abandonné le traitement contre le cancer de leurs enfants en raison de difficultés financières.
De plus, le président de l’Association iranienne de radio-oncologie a déclaré que les nouveaux médicaments contre le cancer n’étaient pas inclus dans les listes de couverture des assurances maladie.
Selon lui, l’immunothérapie et les médicaments de thérapie ciblée coûtent entre 100 millions et 1 milliard de rials par cycle de traitement (environ 100 à 1 000 dollars), alors que le salaire minimum pour un travailleur avec deux enfants est d’environ 15 dollars par mois.
Pauvreté et crise des soins de santé en Iran
En janvier 2025, le Centre iranien des statistiques a indiqué que 27 % des Iraniens, soit environ un tiers de la population, ne gagnaient que 2 dollars par jour. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas se permettre de se faire soigner s’ils tombent malades.
Ham-Mihan rapporte : « On estime que 68 % des patients atteints de cancer font face à des coûts de santé catastrophiques, ce qui signifie qu’ils dépensent plus d’un tiers de leurs revenus en traitements. Les 30 % de la population aux revenus les plus faibles ne peuvent pas se permettre ces dépenses, car la plupart des frais de santé sont payés directement par les patients plutôt que couverts par l’assurance.»
Les cancers les plus fréquents en Iran sont le cancer du sein, de la prostate, colorectal, de la peau non mélanocytaire et de l’estomac.
Alerte mondiale : La vague croissante de cas de cancer
En février 2024, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que le nombre de nouveaux cas de cancer dans le monde pourrait dépasser les 35 millions d’ici 2050.
Bien que l’Iran ne soit pas considéré comme un pays développé, il devrait supporter une part importante de cette augmentation. Auparavant, le cancer était la deuxième cause de décès en Iran, après les maladies cardiovasculaires.
L’absence d’un système centralisé de collecte de données constitue un problème majeur, et le nombre réel de cas de cancer est probablement plus élevé que ce qui est rapporté. Le régime iranien ne dispose d’aucun programme structuré de dépistage du cancer, ce qui représente un risque sérieux pour la santé publique.
Des rapports contradictoires sur l’incidence et la mortalité du cancer, la flambée des prix des médicaments, l’absence de couverture maladie pour de nombreux médicaments essentiels – obligeant les patients à se les procurer au marché noir, où l’authenticité et les dates de péremption sont incertaines – ainsi que la négligence dans la prévention du cancer, pourraient rendre la lutte contre ce fléau encore plus difficile. L’Iran pourrait doubler le nombre de cas de cancer prévu d’ici moins de 15 ans.

