Dans un contexte d’inquiétudes persistantes quant à l’avenir du marché mondial de l’énergie, Reuters a rapporté, citant une source gouvernementale française, que les pays membres du G7 envisagent d’examiner une proposition de déblocage coordonné des réserves stratégiques d’urgence de pétrole.
Une réunion des ministres des Finances des pays du G7 – États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Japon, France, Italie et Allemagne – est prévue le lundi 9 mars.
Reuters a indiqué que suite aux réductions de production opérées par les principaux pays producteurs de pétrole et à l’arrivée au pouvoir de Mojtaba Khamenei à la tête du régime iranien – perçue comme un signe de la persistance des conservateurs au pouvoir –, les prix du pétrole ont connu une hausse sans précédent.
Dans ce contexte, plusieurs pays tentent d’adopter des mesures pour limiter les conséquences de la flambée des prix du pétrole sur leurs économies et leurs consommateurs.
Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que la crise iranienne a fait grimper les prix du pétrole à plus de 100 dollars le baril.
L’Union européenne a annoncé que ses groupes de coordination de l’approvisionnement en pétrole et en gaz se réuniront le 9 mars.
Lors de cette réunion, l’impact des conflits au Moyen-Orient sur le marché de l’énergie sera examiné, ainsi que les dernières évaluations des États membres concernant l’état de leurs réserves pétrolières.
La campagne militaire contre le régime iranien et les attaques de représailles de ce dernier ont quasiment bloqué le détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus vitales au monde.
Le détroit d’Ormuz est un passage maritime étroit entre l’Iran et Oman par lequel transite environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Le président américain Donald Trump a minimisé la hausse des prix du pétrole dimanche soir 8 mars, affirmant que la situation serait temporaire et que les prix baisseraient rapidement après la destruction du programme nucléaire iranien.
Il a ajouté que la hausse des prix du pétrole était un faible prix à payer pour la sécurité et la paix des États-Unis et du monde.
Baisse des indices boursiers sur les marchés financiers asiatiques
Reuters a ajouté dans son rapport que, face à l’intensification des inquiétudes concernant une perturbation prolongée de l’approvisionnement énergétique, les indices boursiers des marchés financiers asiatiques ont reculé et la valeur du dollar américain s’est appréciée.
Les pays asiatiques importent environ 60 % de leur pétrole du Moyen-Orient. Ce chiffre atteint environ 70 % pour la Corée du Sud et près de 95 % pour le Japon.
Lee Jae-myung, président de la Corée du Sud, a annoncé que le gouvernement allait plafonner les prix des carburants pour la première fois en une trentaine d’années.
Lors d’une réunion gouvernementale d’urgence, M. Lee a déclaré que cette crise exerçait une forte pression sur l’économie du pays, fortement dépendante du commerce mondial et des importations d’énergie en provenance du Moyen-Orient.
Un haut responsable du Parlement japonais a également indiqué que le gouvernement avait demandé à l’une des installations de réserve stratégique de pétrole du pays de se préparer à une éventuelle exploitation.
Cependant, le secrétaire général du Cabinet japonais a par la suite affirmé qu’aucune décision n’avait encore été prise quant à un éventuel puisage dans les réserves pétrolières du pays.
Des informations indiquent que le régime iranien poursuit ses attaques contre des pays de la région.
Le 9 mars au matin, une attaque de drone menée par le régime iranien a ciblé la raffinerie de pétrole BAPCO à Bahreïn et causé des dégâts.
BAPCO est la principale raffinerie de pétrole de Bahreïn et un centre névralgique du secteur énergétique du pays.
Le Qatar avait précédemment averti que le prix du pétrole pourrait atteindre 150 dollars le baril.

