Lundi, l’agence de presse officielle IRNA a rapporté que l’Iran avait transmis sa position aux États-Unis, via le Pakistan, concernant la proposition de cessez-le-feu, sous la forme d’une réponse en dix points. Le régime iranien a ainsi rejeté la proposition américaine.
Selon le rapport, Téhéran s’oppose à un cessez-le-feu temporaire et insiste sur la nécessité d’une fin totale et définitive du conflit. Dans sa réponse, une série de revendications a été formulée, notamment la cessation des hostilités régionales, la mise en place d’un mécanisme de passage sécurisé à travers le détroit d’Ormuz, la reconstruction des infrastructures endommagées et la levée des sanctions.
Parallèlement, certains médias occidentaux, dont Axios, ont qualifié cette position de maximaliste et ont estimé faible la probabilité qu’elle soit acceptée par l’administration Trump.
Attaque majeure contre les installations pétrochimiques d’Asaluyeh
Israël a confirmé avoir ciblé aujourd’hui des installations pétrochimiques dans la région de South Pars, à Asaluyeh.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a qualifié la frappe aérienne contre les installations pétrochimiques iraniennes d’Asaluyeh de coup dur pour l’économie, chiffré en dizaines de milliards de dollars. Dans un communiqué, il a déclaré que l’armée israélienne avait ciblé le plus grand complexe pétrochimique d’Iran, situé à Asaluyeh et responsable, selon lui, de la production d’environ 50 % des produits pétrochimiques du pays.
D’après le ministre israélien de la Défense, deux installations majeures, par lesquelles transitent environ 85 % des exportations pétrochimiques iraniennes, sont hors service suite à ces attaques.
Parallèlement, l’agence de presse officielle Fars a rapporté que plusieurs explosions avaient été entendues dans la zone pétrochimique de South Pars, à Asaluyeh. Les médias locaux ont également indiqué que les usines pétrochimiques de Mobin Energy et de Damavand Energy, situées à Asaluyeh, avaient été visées.
Attaque de drone contre le quartier général de Komala à Souleimaniye. Escalade des tensions et condamnation générale
Tôt lundi 6 avril, le bureau de représentation du Parti Komala des travailleurs du Kurdistan iranien, situé à Souleimaniye, dans la région du Kurdistan irakien, a été la cible d’une frappe de drone. Selon des sources locales, l’attaque a été menée à l’aide de deux drones à un court intervalle.
Ces mêmes sources ont également indiqué que des drones Shahed-136, déjà utilisés lors d’attaques similaires, ont été employés.
Parallèlement, de nouvelles informations font état d’une autre base du Parti de la liberté du Kurdistan (KFP) visée par une frappe de drone lundi après-midi, alimentant les inquiétudes quant à l’extension de ces attaques et à l’exacerbation des tensions régionales.
Ces événements surviennent alors que la région du Kurdistan irakien a été le théâtre de nombreuses attaques similaires ces dernières années, et la répétition de tels actes constitue une grave menace pour la sécurité régionale et la population civile.
Majid Khademi, chef du renseignement du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), tué
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé lundi 6 avril que Majid Khademi, chef de son service de renseignement, avait été tué lors des frappes américaines et israéliennes menées tôt le matin.
Dans un communiqué du CGRI, Khademi est décrit comme une figure emblématique de la sécurité du régime, actif dans les domaines du renseignement et de la sécurité depuis près d’un demi-siècle et ayant joué un rôle influent.
Majid Khademi avait été nommé à la tête du renseignement du CGRI l’été dernier, après la mort de Mohammad Kazemi lors des frappes israéliennes de la guerre des douze jours. Auparavant, il dirigeait l’Organisation de protection du renseignement du ministère de la Défense et de la Logistique des forces armées.
Le département du Trésor américain l’avait également inscrit sur sa liste de sanctions en février dernier et avait identifié le renseignement du CGRI comme l’un des principaux acteurs de la répression sécuritaire, des arrestations et des manifestations en Iran.
L’organisation de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est considérée comme l’une des institutions clés de la structure de sécurité du régime iranien, chargée de missions telles que le contre-espionnage au sein du CGRI, la prévention des infiltrations par les courants d’opposition, la protection des informations classifiées et le maintien d’un contrôle politico-sécuritaire sur le personnel de cette force.

