Hossein Simaei Saraf, le ministre de la Science, de la Recherche et de la Technologie du régime iranien, a fait état de la migration de « 25 % des professeurs d’université du pays ces dernières années », qualifiant cette statistique d’« inquiétante ».
Ce n’est pas la première fois que des avertissements sont émis en Iran au sujet de la migration d’universitaires, notamment de professeurs et d’étudiants, en particulier de professeurs et d’étudiants d’élite.
Il y a deux mois, Simaei Saraf a également déclaré lors d’une réunion des présidents d’université que la tendance à la migration des universitaires iraniens était « en hausse ».
Le ministre de la Science n’a pas précisé la période exacte pendant laquelle ce nombre de professeurs a émigré d’Iran et s’est contenté de faire référence aux « dernières années ». On ne sait pas non plus si cette statistique concerne uniquement les universités publiques ou inclut également les établissements d’enseignement supérieur non gouvernementaux.
En raison du manque de transparence concernant l’état de la migration des professeurs en Iran, les médias d’État ont catégoriquement nié l’existence d’un tel phénomène.
Le journal Jam-e Jam, affilié à la Radiodiffusion de la République islamique d’Iran (IRIB), a publié en septembre dernier, à l’occasion de la réouverture des universités après les manifestations nationales de 2022, un article intitulé « Le mensonge de la migration des professeurs ». L’article affirmait que la situation des professeurs d’université qui migrent à l’étranger n’avait pas atteint un niveau de crise.
Bien que le ministre iranien des Sciences ait cité de multiples raisons pour la migration des professeurs, lui et les médias iraniens ont principalement mis l’accent sur les facteurs économiques comme cause principale.
L’approche idéologique dans les universités
Dès sa création, la République islamique a été très sensible aux universités et a rapidement lancé une vague de purges sous la bannière de la « révolution culturelle » dans les universités.
Parmi celles-ci, la sensibilité du régime à l’égard des disciplines des sciences humaines est particulièrement prononcée, Ali Khamenei, le chef du régime, mettant l’accent sur ces domaines et appelant à « l’islamisation » des universités.
Le résultat de ces conditions n’a été rien d’autre que le déclin du classement académique des universités iraniennes et l’incapacité à former des individus compétents et qualifiés pour gérer les affaires du pays.

