Selon certaines informations, l’administration pénitentiaire iranienne envisage de transférer 1 200 détenus de la prison centrale de Karaj à la prison de Ghezel Hesar, une mesure qui ne fera qu’aggraver les conditions de détention dans cet établissement. Ce transfert, qui aurait pour but d’exploiter les prisonniers comme main-d’œuvre, a été vivement critiqué par les militants des droits de l’homme.
Surpopulation grave dans la prison de Ghezel Hesar
La prison de Ghezel Hesar, située près de Téhéran, abrite actuellement une population bien supérieure à sa capacité. Les chambres conçues pour 9 à 12 lits accueillent désormais 15 à 20 personnes, obligeant de nombreux détenus à dormir par terre ou dans les couloirs. Même les mosquées de la prison, reconverties en espaces d’hébergement, sont remplies de 50 à 60 personnes.
Cette prison, connue pour ses conditions sanitaires désastreuses et ses installations déplorables, abrite entre 400 et 600 détenus par quartier, dont beaucoup luttent contre la toxicomanie. De plus, certains prisonniers souffrent de maladies graves comme le VIH et n’ont pas accès à des soins médicaux adéquats. L’absence de ventilation adéquate et les conditions insalubres ont créé un environnement insupportable pour les détenus.
Exploitation du travail pénitentiaire
Le but premier du transfert des détenus semble être de les utiliser comme main-d’œuvre dans les usines. Des rapports suggèrent que 1 200 prisonniers du quartier 4 de la prison de Ghezel Hesar, ainsi que 500 ressortissants afghans résidant dans le hall 19 de l’établissement, travaillent dans ces conditions difficiles.
Les prisonniers qui ont récemment utilisé leurs propres fonds pour améliorer les conditions de détention dans le quartier 4 risquent désormais d’être à nouveau déplacés. Les familles des prisonniers politiques de ce quartier ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact psychologique de ces transferts répétés.
Une histoire de mauvaise planification et de violations des droits des prisonniers
Ce n’est pas la première fois que le transfert de détenus aggrave les conditions de détention. L’année dernière, la fermeture soudaine de la prison de Gohardasht a conduit au transfert de plus de 1 200 détenus vers le quartier 3 de la prison de Ghezel Hesar. Ce transfert a transformé Ghezel Hesar, qui était auparavant destiné aux délinquants liés à la drogue, en un établissement abritant des prisonniers aux charges diverses, notamment des détenus politiques et idéologiques.
Un membre de la famille d’un prisonnier politique a déclaré : « Avec la fusion de la prison de Gohardasht et le transfert des délinquants liés à la drogue de Karaj à Ghezel Hesar, les conditions sont devenues telles que de nombreux détenus n’avaient pas d’endroit où dormir et étaient réduits à dormir dans les couloirs. »

