Gholamhossein Mohseni-Ejei, le chef du pouvoir judiciaire du régime iranien, a annoncé mardi 22 juillet au soir qu’environ 2 000 personnes avaient été arrêtées pendant ce qui a été décrit comme la « guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël ». Il a déclaré lors d’une interview télévisée que les arrestations se poursuivaient même après l’attaque israélienne. Tout en affirmant que « nombre » des personnes arrêtées avaient été libérées après enquête, il a souligné que les individus accusés de collaboration avec Israël étaient toujours interrogés et soumis à des « extractions de renseignements ».
Par ailleurs, fait rare, l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a envoyé des SMS d’avertissement aux citoyens iraniens, dénonçant une « intensification des activités des services de renseignement ennemis ». Elle a affirmé que ces services recrutaient des individus via des applications mobiles pour « trahir le pays ». Ces avertissements interviennent alors que les responsables de la sécurité du régime sont vivement préoccupés par l’infiltration massive des services de renseignement israéliens aux plus hauts niveaux du régime, notamment après les assassinats répétés de commandants militaires et de scientifiques nucléaires.
Ces dernières semaines, des dizaines de personnes ont été arrêtées par les agences de sécurité dans différentes villes d’Iran. Cette vague d’arrestations s’est intensifiée, parallèlement à la montée des manifestations civiles, à la dégradation de la situation économique, au mécontentement généralisé de la population face à la situation politique et économique, et à la répression continue dans les universités et sur les réseaux sociaux.
Des éléments suggèrent que, face aux graves défaillances des services de renseignement, à l’incapacité de contenir les infiltrations de forces de sécurité étrangères et à la crainte de soulèvements populaires, le régime iranien a recours à une politique d’une main de fer, marquée par la peur et l’intimidation. L’utilisation de termes tels que « infiltration » et « guerre du renseignement » dans les médias et les déclarations officielles, ainsi que la répression des médias, des militants de la société civile et des universitaires, témoignent d’un régime incapable de maintenir son contrôle par des moyens légitimes et s’appuyant plutôt sur des mesures sécuritaires et dissuasives. Les observateurs préviennent que ces politiques non seulement s’avéreront inefficaces, mais qu’elles alimenteront le mécontentement de la population et augmenteront le risque d’une explosion sociale.
Le régime iranien utilise le prétexte de la guerre du renseignement avec Israël pour intensifier la répression contre ses citoyens.
Le régime iranien est pleinement conscient que sa principale guerre est contre le peuple et que seul le peuple iranien est capable de mettre fin à ce régime.

