À l’aube du lundi 29 septembre, l’agence de presse étatique Mizan, affiliée au pouvoir judiciaire iranien, a annoncé l’exécution de Bahman Choobi Asl dans la prison de Ghezel Hesar, pour espionnage.
Il travaillait pour l’entreprise de télécommunications. Arrêté en 2023, il était accusé d’espionnage.
Recrudescence des exécutions après la trêve
L’exécution de Bahman Choobi Asl intervient alors que des informations font état d’une recrudescence des exécutions dans les prisons iraniennes depuis la trêve entre le régime iranien et Israël. Des sources indépendantes affirment que le régime utilise à nouveau la peine de mort comme instrument de répression, profitant de cette période de calme apparent. Ces derniers mois, des dizaines de prisonniers ont été exécutés dans diverses prisons du pays, notamment à Ghezel Hesar, à Adelabad (Shiraz) et à Dastgerd (Isfahan).
Selon les défenseurs des droits humains, cette augmentation soudaine des exécutions vise non pas à assurer la justice, mais à instaurer la terreur et à réprimer les manifestations de mécontentement. Ces dernières années, le régime a systématiquement multiplié les exécutions chaque fois que des signes de mécontentement populaire ou de crise politique apparaissaient.
La peine de mort comme outil politique
Le cas de Bahman Choobi Asl illustre la politique plus générale d’utilisation de la peine de mort comme instrument de répression. Les experts affirment que des accusations telles que « espionnage », « hostilité à Dieu » (moharebeh) ou « corruption sur terre » sont régulièrement utilisées pour intimider la population. Dans de nombreux cas, le processus judiciaire est opaque et les familles ne sont informées ni du lieu ni de la date de l’exécution qu’au dernier moment.
Cette pratique sape la sécurité juridique des citoyens et montre que, en Iran, la peine de mort a été transformée d’un instrument judiciaire en un outil politique et sécuritaire de répression systématique.
Des organisations internationales ont souligné à plusieurs reprises que l’Iran figure parmi les pays ayant le taux d’exécution le plus élevé au monde. Selon elles, la poursuite de ces pratiques viole les obligations internationales de l’Iran et démontre l’absence de volonté de réforme du système juridique et de respect des droits humains.
Perspectives d’avenir
L’exécution de Bahman Choobi Asl, indépendamment des circonstances précises de son cas, reflète la politique générale du régime consistant à utiliser la peine de mort comme
moyen de survie politique. Cependant, cette politique ne pourra pas étouffer indéfiniment les protestations et la colère populaire. Face à la pression économique croissante, aux inégalités sociales et aux violations des droits humains, le seuil de tolérance de la population diminue chaque jour, ce qui rend probable une nouvelle vague de protestations dans un avenir proche.

