La campagne des mardis contre les exécutions en Iran, un mouvement mené par des prisonniers en Iran, a marqué sa 89e semaine consécutive par une grève de la faim coordonnée dans 52 prisons du pays. Cet acte de défiance puissant intervient à la veille de la Journée mondiale contre la peine de mort et face à une vague sans précédent d’exécutions autorisées par le régime iranien. Les participants à la campagne envoient un message clair : la peine de mort est le principal outil de terreur politique du régime pour écraser la dissidence, un sentiment désormais adopté par des manifestants de tous horizons, notamment des enseignants, des retraités, des travailleurs et des étudiants.
Un régime qui bat des records de brutalité
Dans un communiqué publié pour sa 89e semaine, la campagne a souligné le contraste saisissant entre les tendances mondiales et la situation en Iran. Alors que 145 pays ont aboli ou cessé d’appliquer la peine de mort en droit ou en pratique, la déclaration affirme que le système au pouvoir en Iran « bat chaque jour de nouveaux records de brutalité et d’exécutions ». Ces statistiques effroyables soulignent l’ampleur de la crise : au moins 1 695 personnes ont été exécutées au cours de l’année écoulée (depuis le 1er octobre 2024), dont 957 depuis le 21 mars 2025, début de la nouvelle année civile persane. La déclaration reconnaît que les chiffres réels sont probablement bien plus élevés.
La campagne a honoré la mémoire de sept prisonniers politiques exécutés quelques jours plus tôt, le samedi 4 octobre : six compatriotes arabes – Ali Mojadam, Mohammadreza Moghadam, Moein Khanfari, Habib Deris, Adnan Ghobeishavi et Seyed Salem Mousavi – et un compatriote kurde, Saman Mohammadi Khiareh. La déclaration souligne également que, le même jour, la Cour suprême du régime a confirmé pour la troisième fois la condamnation à mort du prisonnier politique Mohammad Javad Vafaei-Sani.
La peine de mort, instrument de terreur politique
La déclaration de la campagne analyse les motivations du régime, affirmant que la peine de mort en Iran n’est pas un outil de justice, mais plutôt « un instrument d’intimidation et de terreur dans une société au bord de l’explosion ». Selon la logique du régime, chaque manifestation et chaque manifestant doivent être menacés d’exécution et d’emprisonnement. C’est pourquoi, selon la déclaration, « Non à l’exécution » est devenu un slogan fédérateur pour tous les segments de la société iranienne.
Un appel à la conscience et un hommage aux enseignants
À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, la déclaration rend également hommage aux enseignants martyrs comme Samad Behrangi et Farzad Kamangar, qui « ont enseigné la liberté et l’égalité dans l’histoire de l’Iran et ont finalement sacrifié leur vie pour cette cause ».
La campagne se conclut par un appel urgent à toutes les « consciences éveillées – militants, écrivains, artistes, enseignants, retraités et travailleurs – à élever plus fort leur voix contre les exécutions.» L’objectif, affirme la déclaration, est de « déposséder ce gouvernement des exécutions de son principal outil de répression et d’étouffement », ouvrant ainsi la voie à la justice et à la liberté.

