Au huitième jour des manifestations nationales en Iran, et malgré l’important dispositif de sécurité déployé dans les rues de Téhéran et d’autres villes où des manifestations ont eu lieu la semaine dernière, la grève des commerçants des bazars se poursuit.
Dans une vidéo publiée dimanche 4 janvier, filmée devant le centre commercial Alaeddin de Téhéran, on voit des agents de sécurité s’affronter avec des commerçants et tirer des gaz lacrymogènes sur eux. Un climat de forte tension règne également au Grand Bazar de Téhéran, où des agents du régime iranien et d’autres forces répressives ont été déployés dans le quartier des vendeurs de tissus et dans plusieurs autres parties du bazar, tentant, par des menaces et des intimidations, de contraindre les commerçants à rouvrir leurs boutiques.
Dans le cadre de la plus importante vague de manifestations antigouvernementales en Iran depuis trois ans – déclenchée par la détérioration de la situation économique et la hausse du coût de la vie, et durant laquelle plusieurs personnes ont été tuées et des centaines arrêtées par le régime iranien – les États-Unis… Le président Donald Trump a déclaré que si des manifestants en Iran étaient pris pour cible, les États-Unis interviendraient pour les secourir.
La réaction du régime iranien a été extrêmement virulente. Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a insisté sur le fait que Donald Trump devait savoir que toute intervention américaine dans cette « affaire intérieure » engendrerait une instabilité dans toute la région et nuirait aux intérêts de Washington. Parallèlement, Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême, a averti que la sécurité nationale de l’Iran constituait une « ligne rouge » et que toute ingérence visant ce pays sous de faux prétextes se verrait infliger une riposte cinglante avant même d’avoir atteint son but.
Dans ce contexte, on peut se demander quelle est l’évolution de la situation et quels scénarios attendent l’Iran.
Ce n’est pas la première fois que le peuple iranien exprime son mécontentement envers le régime en place. De fortes pressions économiques, d’une part, et les conflits et interventions coûteux du régime iranien dans des situations régionales comme au Liban, au Yémen et à Gaza, d’autre part, ont entraîné des sanctions et un isolement international, imposant de lourdes conséquences sur le quotidien des Iraniens.
Le programme nucléaire iranien a englouti des centaines de milliards de dollars de ressources nationales ces dernières années.
Bien que les manifestations actuelles aient pris une nouvelle forme, elles s’inscrivent dans la continuité des manifestations précédentes qui réclamaient la liberté, une participation politique plus large, l’amélioration des conditions économiques et la fin du règne des mollahs. Pour réprimer les mouvements de protestation, le régime iranien recourt à ses méthodes habituelles : répression, exécutions et violences meurtrières à l’encontre des manifestants.
Il s’agit de la première vague de protestations depuis la récente guerre entre le régime et Israël – une guerre qui a causé d’importants dégâts, des assassinats ciblés et une vague d’indignation populaire. Les manifestations actuelles surviennent dans un contexte de pression internationale croissante sur le régime en raison de son intervention terroriste dans la région.
Aujourd’hui, le régime iranien se trouve dans une situation extrêmement critique et fragile. L’Iran est assiégé économiquement et diplomatiquement, et ses relations, non seulement avec les pays de la région mais aussi avec un large éventail d’acteurs internationaux, sont marquées par la tension. Les attaques contre des navires, leur saisie et ce que l’Occident qualifie d’« actions maritimes déstabilisatrices » ont accentué cet isolement.
Dans ce contexte, l’avertissement américain marque l’entrée dans une nouvelle phase où le régime ne peut plus intervenir librement où bon lui semble ni continuer à réprimer impunément les manifestations intérieures tout en se considérant comme la puissance incontestée de la région.
La position de la communauté internationale sur le programme balistique de Téhéran, son dossier nucléaire et son réseau de forces supplétives dans la région est indissociable de la récente vague de protestations. Si les mouvements de protestation précédents ont également été réprimés avec brutalité, la réaction récente des autorités iraniennes aux manifestations actuelles montre que Téhéran tente de rétablir l’équilibre des forces en sa faveur en recourant à des mesures de contre-pression. L’expérience a démontré que le régime iranien n’abandonnera jamais la répression de son peuple, l’ingérence dans les affaires des pays de la région et l’exportation du terrorisme.
Le régime est entré dans une phase de grave instabilité et d’incapacité à rétablir l’équilibre. Cette situation se déroule dans un contexte de convergence d’intérêts régionaux et internationaux qui s’étendent progressivement, contraignant le régime iranien à en tenir compte, car le sort de tels systèmes est clair pour tous.
Contrairement à l’opinion publique, le régime de Bachar el-Assad s’est effondré en peu de temps, alors même que, jusqu’à quelques semaines avant sa chute, beaucoup le croyaient invincible. Aucun régime dictatorial – qu’il soit religieux ou militaire – ne peut, à terme, résister à la volonté de son peuple.
L’histoire a démontré que les peuples ne retourneront jamais à aucune forme de dictature, qu’elle soit monarchique ou religieuse.
Le régime est sur la pente descendante vers l’effondrement, et l’Iran se prépare progressivement à une nouvelle ère. Le changement ne se fera peut-être pas du jour au lendemain, mais les événements actuels montrent que le peuple iranien n’est pas seul.
Par conséquent, on peut affirmer que le régime iranien traverse une période de profonde crise, qui entraînera inévitablement des transformations structurelles, le démantèlement des fondements idéologiques et de l’ensemble de la structure du système en place, et poussera l’Iran vers la démocratie.

