NetBlocks, site web de surveillance et d’analyse des données internet, a annoncé que plus de 200 heures après la coupure totale d’internet à l’échelle nationale en Iran, la connectivité des utilisateurs n’a que très légèrement augmenté. Le niveau d’accès global reste aux alentours de 2 % de la normale.
Selon NetBlocks, la connectivité des utilisateurs au réseau n’a que très légèrement progressé après plus de 200 heures de coupure totale d’internet à l’échelle nationale en Iran.
Parallèlement, le niveau d’accès global reste aux alentours de 2 % de la normale et aucun signe de retour à la normale n’est visible.
D’après les experts, cette légère amélioration de l’accès est limitée et ne concerne qu’une petite partie de l’infrastructure gouvernementale et certains réseaux spécifiques ; par conséquent, l’accès à internet pour le grand public demeure largement impossible. Au début du troisième jour de la coupure d’Internet à l’échelle nationale, NetBlocks annonçait que les dirigeants du régime iranien continuaient de diffuser leur version des faits en ligne, tandis que le réseau qu’ils contrôlent réduisait au silence 90 millions d’Iraniens.
Selon NetBlocks, ce black-out numérique viole les droits et libertés fondamentaux des citoyens. Une telle coupure nationale bloque non seulement l’accès à l’information, mais dissimule également les violences du régime aux yeux du monde et entrave la capacité de documenter les événements.
Cette coupure d’Internet, accompagnée de graves restrictions sur les communications téléphoniques, fixes et mobiles, est intervenue au moment même où, selon les organisations de défense des droits humains, des milliers de personnes ont été tuées par les forces du régime dans plusieurs villes lors des manifestations populaires à Dey.
Le nombre exact de victimes des manifestations en Iran reste inconnu, mais l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran l’estime à plus de 3 000. La coupure d’Internet a contribué à maintenir l’ampleur de la catastrophe dans l’ombre. Avec des liaisons téléphoniques unidirectionnelles depuis l’Iran, l’information parvient très difficilement aux familles à l’étranger. Il existe néanmoins des moyens limités de passer des appels depuis l’étranger vers l’Iran.
Selon certaines estimations, le nombre de morts s’élève à 12 000 personnes, tandis que d’autres l’évaluent à un chiffre bien plus élevé. Cependant, l’absence de sources indépendantes à l’intérieur du pays empêche de vérifier précisément le nombre de personnes tuées et détenues.
Le régime iranien a coupé l’accès à Internet dans tout le pays à partir du 8 janvier, date qui coïncide avec l’expansion des manifestations, dans le but d’intensifier la répression. Il semblerait que les images des corps des victimes et les reportages sur les manifestations de ces jours-là n’aient été diffusés que par un petit nombre d’utilisateurs ayant accès à Starlink.
Les difficultés rencontrées par Starlink pendant les manifestations en Iran
Malgré les informations selon lesquelles certains utilisateurs en Iran ont pu accéder à Internet par satellite Starlink et que ce service a été offert gratuitement pendant les manifestations, il apparaît que la connexion Internet via Starlink rencontre également de nombreuses difficultés. Selon un rapport de Reuters, le régime iranien utilise désormais des brouilleurs et de faux signaux GPS pour perturber les transmissions Starlink.
Le rapport ajoute que la répression des opposants en Iran constitue l’un des tests de sécurité les plus difficiles jamais rencontrés par Starlink, le service d’Elon Musk.
Pourtant, toujours selon l’agence de presse, depuis son déploiement pendant la guerre en Ukraine, Starlink a joué un rôle essentiel en permettant de contourner les coupures d’internet imposées par le gouvernement.
Reuters note que SpaceX, la société propriétaire de Starlink, a rendu ce service satellitaire gratuit pour les Iraniens suite au soulèvement populaire national, une décision qui place l’entreprise spatiale d’Elon Musk au cœur d’un nouveau point chaud géopolitique.
Le rapport ajoute qu’une équipe d’ingénieurs basée aux États-Unis s’efforce actuellement de contrer les mesures du régime, notamment le brouillage de satellites et l’usurpation de signaux.
Certains experts affirment que des agents du régime iranien à Téhéran et dans d’autres villes utilisent des scanners pour détecter les signaux Wi-Fi et identifier les sources Starlink en zone urbaine. Les spécialistes de la sécurité des réseaux recommandent aux utilisateurs connectés à Internet via Starlink de suivre attentivement les consignes de sécurité et de paramétrer leur connexion de manière à minimiser les risques d’identification.

