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Le régime iranien exécute deux prisonniers de l’OMPI après la pendaison de quatre autres

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Les autorités iraniennes ont procédé à l’exécution de deux prisonniers politiques, Vahid Bani Amerian et Abolhassan Montazer, identifiés comme membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Cette exécution marque un tournant dans une vague d’exécutions qui s’intensifie rapidement et vise les détenus politiques. Ces pendaisons ont suivi de près l’exécution de quatre autres membres de l’OMPI en l’espace de 48 heures, les 30 et 31 mars, soulignant la rapidité et l’ampleur de la campagne actuelle.

Selon le rapport fourni, les exécutions de Bani Amerian et Montazer sont intervenues immédiatement après celles de Mohammad Taghavi, Akbar Daneshvarkar, Babak Alipour et Pouya Ghobadi. Cette série de six exécutions en quelques jours a relancé le débat sur le traitement des prisonniers politiques en Iran et le recours à la peine capitale dans des affaires politiquement sensibles.

Le régime iranien a exécuté six membres de l’OMPI cette semaine.

Les médias d’État ont cherché à présenter l’affaire comme une question de sécurité nationale. L’agence de presse Tasnim, affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a décrit les deux hommes comme faisant partie d’une « équipe terroriste », affirmant qu’ils avaient été condamnés pour baghi ​​(rébellion armée) et actes contre la sécurité intérieure. Le régime a prétendu que Montazer aurait utilisé des cryptomonnaies pour louer des planques et fabriquer des explosifs, tandis que Bani Amerian aurait été arrêté en possession de quatre lance-roquettes. Tasnim a également établi un lien entre Montazer et Mohammad Taghavi, l’un des quatre membres de l’OMPI exécutés quelques jours auparavant.

Le régime iranien exécute deux prisonniers de l'OMPI après la pendaison de quatre autres

Abolhassan Montazer, âgé de 66 ans, était architecte et ancien prisonnier politique des années 1980. Vahid Bani Amerian, 33 ans, titulaire d’un master en gestion, aurait passé quatre ans en prison depuis 2017. Leurs cas illustrent à la fois une continuité générationnelle et la persistance des affrontements de longue date entre l’État iranien et les réseaux d’opposition organisés.

La procédure judiciaire ayant conduit à ces exécutions a été entachée d’irrégularités profondes. Après leur arrestation en janvier 2024, les deux hommes auraient été détenus pendant des mois dans le quartier 209 de la prison d’Evin à Téhéran, où ils auraient subi de graves pressions physiques et psychologiques. Ces mesures auraient été utilisées pour leur extorquer des aveux forcés.

Leurs condamnations à mort ont ensuite été prononcées par la juge Iman Afshari, de la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Lors d’un nouveau procès, le 16 novembre 2025, les avocats de la défense auraient demandé que les six coaccusés soient jugés ensemble. Cette requête a été rejetée et des audiences séparées, d’une durée de quelques minutes seulement, ont été organisées pour chaque accusé. La Cour suprême iranienne a confirmé les condamnations en décembre 2025.

Les derniers jours précédant les exécutions ont également été marqués par des informations faisant état d’une intensification des tensions dans les prisons. Dans la nuit du 29 mars, des gardes anti-émeutes auraient fait irruption dans le quartier 4 de la prison de Ghezel Hesar, où étaient détenus Bani Amerian et Montazer. Les prisonniers politiques de ce quartier ont été battus et toutes les lignes téléphoniques coupées, les privant de tout contact avec l’extérieur peu avant le début des exécutions.

Les pendaisons ont eu lieu malgré l’inquiétude croissante de la communauté internationale. Amnesty International avait averti quelques jours auparavant que les deux prisonniers étaient en danger imminent d’exécution à la suite d’un « procès manifestement inéquitable et entaché de torture », tout en soulignant que les autorités avaient dissimulé leur lieu de détention à leurs familles.

Des réactions politiques ont également émergé des États-Unis et d’Europe. Le député américain Brad Sherman a déclaré que les hommes avaient été exécutés après des actes de torture et un simulacre de procès. La représentante américaine Laura Friedman a décrit ce calendrier comme une accélération de la répression dans un contexte de conflit en cours, tandis que le député britannique Jim Shannon a qualifié ces exécutions d’outrage moral. Des membres du Parlement européen, dont Petras Auštrevičius et Milan Zver, ont également mis en garde contre une tendance plus générale concernant les prisonniers affiliés à l’OMPI.

Le moment choisi pour ces exécutions est particulièrement significatif au regard du contexte politique plus large décrit dans le rapport. Ces pendaisons interviennent après des mois de troubles intérieurs, notamment des soulèvements nationaux entre décembre 2025 et janvier 2026, et dans un contexte d’instabilité persistante suite à la mort présumée du Guide suprême Ali Khamenei lors d’une frappe aérienne le 28 février. Dans ce contexte, ces exécutions s’inscrivent dans une série d’actions étatiques qui se déploient rapidement au sein du système pénitentiaire, en particulier contre les détenus accusés de liens avec des groupes d’opposition organisés.

On s’inquiète également du fait que d’autres prisonniers soient accusés de baghi, ce qui laisse présager d’autres exécutions imminentes. La combinaison de coupures de communication, de procédures judiciaires expéditives, de descentes de police dans les prisons et d’exécutions quasi simultanées a intensifié la surveillance exercée par les observateurs inquiets du sort réservé aux autres détenus politiques.

Le régime iranien exécute deux prisonniers de l'OMPI après la pendaison de quatre autresCette affaire illustre de façon frappante le point de convergence actuel entre troubles intérieurs, politique pénitentiaire et traitement par le système judiciaire des affaires liées à l’opposition. Avec six prisonniers de l’OMPI exécutés en quelques jours, cette tendance risque de se poursuivre et la réaction des institutions internationales sera déterminante pour sauver la vie des prisonniers politiques.

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