Le mardi 12 mai 2026, des prisonniers politiques répartis dans 56 prisons à travers l’Iran ont entamé une nouvelle grève de la faim, marquant ainsi la 120e semaine consécutive de la campagne « Mardis Non aux exécutions en Iran ».
En dépit des pressions sécuritaires croissantes et des sévères restrictions imposées par les autorités pénitentiaires, les détenus poursuivent leur résistance. La campagne considère chaque jour de grève comme un témoignage de la conscience collective, brisant le silence mortifère pour amplifier le cri en faveur de la « vie » et des droits humains auprès de la communauté internationale.
La guerre comme écran de fumée pour les exécutions
La dernière déclaration de la campagne souligne la manière dont le régime iranien a exploité les récents conflits extérieurs pour s’en servir d’écran de fumée et intensifier sa répression intérieure.
Alors que le peuple iranien réclamait un changement de régime systémique fin mars, l’État a accéléré sa machine à exécuter. À l’ombre de la guerre, les autorités ont exécuté 23 prisonniers politiques et de sécurité depuis le début de l’année civile iranienne en cours (le 20 mars 2026).
Ajoutant au tourment des familles endeuillées, le régime continue de faire du deuil une arme, refusant de restituer les corps des prisonniers exécutés. Cette pratique concerne notamment six membres de la campagne — Vahid Bani-Amerian, Pouya Ghobadi, Babak Alipour, Akbar (Shahrokh) Daneshvarkar, Mohammad Taghavi et Abolhassan Montazer — dont les corps demeurent confisqués 40 jours après leur exécution.
Par ailleurs, les forces de sécurité ont arrêté les deux sœurs de Shahrokh Daneshvarkar, Azam et Akram, le 18 avril 2026, simplement parce qu’elles s’étaient renseignées sur le corps de leur frère auprès des services médico-légaux et judiciaires. La campagne a dénoncé leur transfert vers un lieu inconnu, y voyant un cas flagrant de disparition forcée, une tactique employée de longue date par le régime.
Pression croissante sur les prisonnières politiques à la prison d’Evin en Iran #FreeIran2026 #FreeIran10PointPlan #IranEconomy #IranWarhttps://t.co/ufi7Y7muMa
— Iran Focus (@Iran_Focus) May 9, 2026
Une menace imminente pour les manifestants et les détenus issus des minorités
La vague meurtrière d’exécutions ne montre aucun signe de ralentissement. La semaine dernière, les autorités de la prison de Vakilabad, à Mashhad, ont pendu trois prisonniers politiques issus du soulèvement de janvier 2026 : Ebrahim Dolatabadi, Mehdi Rasouli et Mohammad Reza Miri — une issue contre laquelle la campagne avait lancé un avertissement urgent le 5 mai. Par ailleurs, un autre prisonnier, Erfan Shakourzadeh, a été exécuté à la prison de Ghezel Hesar pour des accusations d’espionnage.
La campagne a lancé un appel urgent pour sauver la vie d’autres prisonniers politiques, en particulier les manifestants récemment arrêtés et les détenus issus de la minorité baloutche.
Des individus tels qu’Amir-Mohammad Zare et Mohammad-Reza Abdollahpour à Ghezel Hesar, Ali Pishevarzadeh à Lakan (Rasht), ainsi que les prisonniers baloutches Adham Naroui, Farshid Hassan-Zehi, Hossein Shahouzehi, Nasimeh Eslam-Zehi et Soleiman Shahbakhsh font face à une exécution imminente à l’issue de procès opaques et manifestement iniques.
Surpopulation et confiscations par l’État
Des rapports récents indiquent qu’au moins 100 manifestants détenus ont été récemment transférés vers la section 37, unité 3, de la prison de Ghezel Hesar. Ils y sont confrontés à une surpopulation sévère, à un manque de produits de première nécessité et à de lourdes accusations qui mettent leur vie en grave danger.
La voix qu’ils ne pouvaient faire taire : le testament final de Vahid Bani Amerian #FreeIran2026 #FreeIran10PointPlan #NoToExecutionsinIran #IranWarhttps://t.co/NG5AJgclxc
— Iran Focus (@Iran_Focus) May 6, 2026
Parallèlement, les médias d’État rapportent que le régime a confisqué les biens de dizaines de citoyens ayant participé aux manifestations. La campagne affirme que ces mesures de terreur désespérées ne sont que des tentatives vaines de prolonger la survie du régime, la résilience de la jeunesse iranienne prouvant que l’aube de la liberté et de l’égalité est plus proche que jamais.
Les membres de la campagne ont réitéré que la véritable justice ne naît pas dans les chambres d’exécution, mais dans les cœurs éveillés, l’éducation et des procès équitables. La campagne « Non aux exécutions du mardi » se tient fermement aux côtés du peuple iranien jusqu’à l’abolition de la peine de mort.
Le 12 mai 2026, des détenus de 56 prisons à travers l’Iran ont participé à une grève de la faim.

