Ehsan Malekzadeh, président du conseil d’administration de l’Association des entreprises de transport international du régime iranien, a signalé une importante accumulation de marchandises importées dans les ports régionaux, précisant qu’environ 20 000 conteneurs appartenant à l’Iran sont actuellement bloqués dans les ports pakistanais, faute de disposer pour l’instant d’une voie de transit stable et économique pour les acheminer vers le pays.
Dans une interview accordée à l’agence de presse étatique Mehr, M. Malekzadeh a évoqué la situation consécutive à la récente guerre, déclarant que certaines marchandises en cours d’acheminement vers l’Iran avaient été déchargées dans les premiers ports de transit jugés sûrs, en raison des conditions de guerre et des réglementations internationales en matière de transport maritime. Selon lui, cette situation a eu pour conséquence le blocage de cargaisons iraniennes dans des ports tels que Karachi, Jebel Ali, Khor Fakkan, Djeddah, ainsi que dans plusieurs ports en Inde.
Il a ajouté que, dans le cas spécifique du Pakistan, et en raison des lois nationales ainsi que des restrictions internationales, aucune voie sécurisée et clairement définie n’a encore pu être établie pour transférer ce volume de conteneurs vers l’Iran. Toujours selon lui, aux Émirats arabes unis également — bien qu’une part importante des marchandises ait été déchargée au port de Jebel Ali —, les restrictions et les coûts élevés ont empêché leur transfert direct vers l’Iran ; seul un nombre limité de cargaisons a pu entrer dans le pays en transitant par Oman et l’Irak.
M. Malekzadeh a averti que si la situation actuelle perdurait, bon nombre de ces cargaisons risquaient d’être considérées comme des marchandises abandonnées, en particulier au Pakistan, où la période de stockage est limitée à 60 jours. Il a également signalé une forte hausse des frais de surestaries, de stockage et des coûts liés aux « risques de guerre », ce qui exerce une pression considérable sur les importateurs et, in fine, sur les consommateurs.
Évoquant les efforts déployés pour résoudre cette crise, M. Malekzadeh a indiqué que l’Association iranienne du transport international était en pourparlers avec les institutions nationales, les pays voisins et les ambassades afin d’établir des voies de transport stables.
Dans une autre partie de son intervention, il a souligné les problèmes structurels affectant la flotte de transport du pays, précisant que les restrictions entravant la modernisation de cette flotte, les difficultés rencontrées par les chauffeurs iraniens pour obtenir des visas, ainsi que l’incapacité de certains camions nationaux à satisfaire aux normes internationales, figurent parmi les principaux obstacles au commerce extérieur de l’Iran. Selon lui, bien qu’environ 500 000 camions soient en circulation dans le pays, une part importante du parc reste obsolète ; par ailleurs, les camions fabriqués ou assemblés localement ne répondent, pour la plupart, pas aux normes requises pour circuler sur les routes européennes.
Malekzadeh a conclu en soulignant que, sans une restructuration du parc de transport et la levée des obstacles au transport international, le coût du commerce extérieur de l’Iran continuerait d’augmenter.

