Le dernier Indice mondial de la torture classe l’Iran parmi les pays présentant le plus haut risque de torture, d’impunité et de violence d’État. Il avertit que l’intensification de la répression à la suite du conflit militaire de l’année dernière a accru le risque de torture, de mauvais traitements, de détentions arbitraires et d’autres graves violations des droits humains.
L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et ses organisations partenaires ont publié la deuxième édition de l’Indice mondial de la torture le jeudi 25 juin. Cet indice évalue le risque de torture dans 39 pays répartis dans différentes régions du monde.
Le rapport a été publié à la veille du 26 juin, Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, instaurée par l’ONU afin de souligner l’interdiction absolue de la torture et d’apporter son soutien à ses victimes et à ses survivants.
Selon les données relatives à l’Iran, élaborées en coopération avec la coalition Impact Iran, la torture est profondément enracinée dans les lois, les politiques et les pratiques officielles du régime iranien.
Le rapport indique également que l’escalade du conflit militaire, notamment les attaques israéliennes de juin 2025 ainsi que les attaques ultérieures des États-Unis et d’Israël contre le régime iranien, a accru le risque de torture, de mauvais traitements, de détentions arbitraires et d’autres violations graves des droits humains.
Selon l’indice, le régime iranien a été classé au niveau de risque le plus élevé dans six des sept principales catégories d’évaluation : engagement politique, violences policières et violences de l’État, impunité des auteurs, droits des victimes, droit de défendre les droits humains et protection de toutes les personnes.
Les conditions de détention ont également été évaluées comme présentant un « risque élevé ». Les conclusions de l’indice montrent que la torture en Iran n’est pas une exception, mais un instrument de gouvernance.
Torture, exécutions et groupes à risque
Le rapport indique que le régime iranien n’a toujours pas adhéré à la Convention des Nations Unies contre la torture et ne reconnaît pas la torture comme une infraction pénale distincte dans sa législation.
Selon les auteurs du rapport, le cadre juridique du régime iranien continue d’autoriser des châtiments tels que la flagellation et l’amputation, tandis que le système judiciaire permet des condamnations fondées uniquement sur des aveux. Selon eux, cette situation encourage le recours à la torture et aux mauvais traitements afin d’obtenir des aveux, y compris ceux qui sont ensuite diffusés par les médias d’État.
Le rapport indique que l’Iran affiche l’un des taux d’exécution les plus élevés au monde. Selon les estimations du rapport, au moins 1 639 personnes ont été exécutées en Iran en 2025, y compris des personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans au moment des faits qui leur étaient reprochés.
Le rapport souligne également que les auteurs d’actes de torture au sein du régime iranien bénéficient d’une impunité quasi totale. Il ajoute qu’aucun organisme indépendant n’est chargé d’enquêter sur les allégations de torture ou les décès en détention, et que les lieux de détention fonctionnent avec un contrôle extérieur très limité, voire inexistant.
Selon cette évaluation, les femmes et les jeunes filles, les minorités ethniques, les défenseurs des droits humains, les journalistes et les avocats sont davantage exposés que les autres au risque de torture, de détention arbitraire et d’autres formes de violations des droits humains.
L’Organisation mondiale contre la torture a appelé le régime iranien à mettre fin aux exécutions et aux châtiments corporels prononcés par les tribunaux, à adhérer à la Convention des Nations Unies contre la torture, à ériger la torture en infraction dans sa législation nationale, à mettre fin au recours aux aveux forcés et à autoriser la Mission d’établissement des faits des Nations Unies à accéder sans restriction à l’Iran.
L’organisation a également appelé la communauté internationale à soutenir les efforts visant à traduire en justice les auteurs de violations des droits humains, à fournir les ressources nécessaires à ces efforts et à protéger les survivants de la torture ainsi que leurs familles.

