IranDroits de l'hommeMobilisation à Genève pour les Moudjahidine du camp d'Achraf

Mobilisation à Genève pour les Moudjahidine du camp d’Achraf

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Par Andrés Allemand

Depuis 100 jours, des opposants iraniens font un sit-in. Pour sauver leurs proches en Irak.

La Tribune de Genève,  8 août – « Si l’ONU ne réagit pas il y aura un nouveau Srebrenica, cette fois-ci en Irak ! C’est pourquoi, ce lundi après-midi, nous comptons venir par centaines, de toute l’Europe, manifester sur la place des Nations» guillemets fermées, assure Shahin Gobadi, du Conseil national de la Résistance iranienne. Au centième jour du sit-in organisé à Genève devant le bureau onusien, ce mouvement réclame des mesures d’urgence pour empêcher un massacre au camp d’Achraf, où un raid des forces irakiennes a déjà fait au moins 34 morts le 8 avril dernier.

Le camp d’Achraf ? Situé à 65 km au nord de la capitale irakienne, c’est la base des Moudjahidine du peuple iranien, un groupe d’opposants au régime des mollahs. Une organisation classée « terroriste » par Washington, Bagdad et Téhéran. Mais pas par Bruxelles, qu’il a retiré de sa liste noire en 2009. Du temps de Saddam Hussein, ce mouvement profitait de son sanctuaire en Irak pour lancer des attaques contre l’Iran. Mais voilà : en 2003, le vent a tourné. Aujourd’hui, le pouvoir irakien soigne ses relations avec le voisin perse. Il voudrait se débarrasser du camp d’Achraf et de ses 3400 résidents, hommes, femmes et enfants.

Bagdad a d’ailleurs promis de fermer le camp d’ici la fin de l’année. Histoire de rétablir « la souveraineté irakienne » sur ce territoire, martèle à New York l’ambassadeur à l’ONU Hamid Bayati. Mais les Moudjahidine se méfient. Ils craignent d’être remis à l’Iran. Ou exterminés plus ou moins discrètement. Le rêve irakien meurtrier d’avril dernier les a confortés dans cette crainte. Assiégé depuis lors par les forces armées, ils disent n’avoir pas même accès à des traitements pour leurs blessés.

Un véritable casse-tête pour la communauté internationale. Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU, a brandi en juillet un rapport accablant sur le raid irakien d’avril. Il appelle Bagdad à résoudre humainement le problème d’Achraf. De son côté, Amnesty International a exhorté le gouvernement irakien à cesser de « harassement » de ces exilés iraniens, à enquêter sur l’attaque meurtrière et à assurer les besoins humanitaires des survivants.

À Washington, c’est l’embarras. Dans un premier temps, curieusement, les États-Unis ont prié Bagdad de trouver un moyen de déplacer les résidents d’Achraf ailleurs en Irak. Ce qui ne changerait pas fondamentalement la donne. Mais surtout, la situation s’est complexifiée depuis que les parlementaires américains se sont vus refuser l’accès au camp d’Achraf par le premier ministre Nouri al-Maliki. Du côté du Parlement européen, une délégation propose que ces  opposants iraniens puissent trouver refuge dans d’autres pays, au sein de l’union européenne, mais aussi en Suisse, en Norvège, en Australie, au Canada et aux États-Unis.

Bref, le lobbying intensif du conseil national de la résistance iranienne a déjà réussi à sortir de l’oubli la cause des moudjahidines. Cela suffira-t-il ? Mercredi, des parlementaires américains européens et suisses sont conviés à une grande réunion à l’Hôtel Intercontinental de Genève, pour tenter de défaire ce ne gordien.

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