Un rapport récemment publié par la Rapporteuse spéciale Mai Sato, des Nations Unies, a attiré l’attention internationale sur les graves violations des droits humains commises en Iran, notamment dans le contexte des manifestations nationales de 2025. Ce document exhaustif souligne comment l’État instrumentalise les atteintes à la sécurité, définies de manière très large, pour étouffer toute dissidence politique. Le rapport révèle notamment les cas alarmants de trois militantes actuellement passibles de la peine de mort, dont l’une est accusée d’avoir simplement été en possession d’un morceau de tissu arborant un slogan populaire des manifestations.
La version préliminaire non éditée du rapport, datée du 9 mars 2026, a été préparée pour la soixante et unième session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Intitulé « Situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran en 2025 et manifestations nationales », le document examine rigoureusement la répression exercée par le régime sur les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association lors des troubles qui ont secoué le pays fin décembre 2025.
Une section cruciale des conclusions du Rapporteur spécial détaille l’application de la peine capitale sous couvert d’infractions liées à la sécurité. Le rapport indique qu’au-delà de l’espionnage, les autorités continuent d’utiliser d’autres infractions à la sécurité, définies de manière très large, pour étouffer toute dissidence. Le document cite notamment trois femmes actuellement dans le couloir de la mort, accusées du grave chef d’accusation de baghy, que l’État définit comme une rébellion armée contre les fondements de la République islamique.
Ces trois femmes, menacées d’une exécution imminente pour ce motif, sont Pakhshan Azizi, humanitaire kurde, Varisheh Moradi, militante kurde, et Zahra Shahbaz Tabari.
Le caractère arbitraire et disproportionné de ces accusations passibles de la peine capitale est illustré de façon frappante par le cas précis de la prisonnière politique Zahra Shahbaz
Tabari. Soulignant l’absence de procédure régulière et la criminalisation de la liberté d’expression, le rapport met en lumière le caractère incroyablement futile du fondement de sa condamnation à mort. Selon les conclusions du Rapporteur spécial, les preuves retenues contre elle se limitaient à un morceau de tissu portant le slogan « Femme, Résistance, Liberté », un slogan populaire des manifestations de 2022.

