Le régime iranien considérait autrefois la Syrie comme sa « trente-cinquième province », comme le décrit Mehdi Taeb, commandant de la base d’Ammar. Mais elle est désormais devenue un terrain propice à la défaite stratégique de l’Iran. La déclaration de Taeb du 15 février 2013 souligne l’importance de Téhéran en Syrie : « Si l’ennemi nous attaque et décide de prendre Ahvaz ou la Syrie, notre priorité est de garder la Syrie, car si nous gardons la Syrie, nous pouvons récupérer Ahvaz. Mais si nous perdons la Syrie, nous ne pourrons même pas garder Téhéran » (journal Asr Iran). Ces déclarations affirment le rôle de la Syrie non seulement en tant que territoire, mais aussi en tant que pierre angulaire de la stratégie régionale de l’Iran.
La Syrie joue un rôle vital dans la profondeur stratégique du régime iranien. Cependant, cette profondeur est aujourd’hui plus menacée que jamais en raison des changements politiques et des pressions nationales et internationales contre le régime de Bachar al-Assad, ce qui représente un coup stratégique important pour le régime de Khamenei.
Des interventions terroristes coûteuses
Les politiques interventionnistes de l’Iran en Syrie, fondées sur la doctrine du fascisme religieux, ont toujours soutenu Bachar al-Assad. Au fil des ans, des rapports ont indiqué qu’au moins 50 milliards de dollars des ressources nationales de l’Iran, gérées par l’ancien commandant de la Force Al-Qods, Qassem Soleimani, connu comme le boucher du peuple syrien, ont été dépensés pour soutenir le régime d’Assad.
Heshmatollah Falahatpisheh a reconnu par inadvertance une partie de ces dépenses le 21 mai 2020, en déclarant : « Quand je suis allé en Syrie, certains ont dit que j’avais beaucoup dépensé ! Mais je le répète, nous avons peut-être donné 20 à 30 milliards de dollars à la Syrie, et nous devons les récupérer. L’argent de notre peuple a été dépensé là-bas » (source : Asr Iran). Ces sommes colossales ont été injectées en Syrie à un moment où les Iraniens souffraient de graves difficultés économiques et de pauvreté, déclenchant des manifestations généralisées avec des slogans tels que « Quittez la Syrie, pensez à nous ».
La résolution 2254 de l’ONU et l’obstruction de Khamenei
Il y a neuf ans, la résolution 2254 de l’ONU a été adoptée par le Conseil de sécurité comme solution pour mettre fin à la crise syrienne. La résolution vise à une transition politique et à une cessation des hostilités. Cependant, le régime iranien, dirigé par Khamenei et ses forces mandatées, a fait obstruction à sa mise en œuvre. En qualifiant leur implication de « défense de la Zeinabiyya », ils ont soutenu Assad, affectant le processus de transition politique en Syrie et rendant inefficaces les efforts internationaux pour mettre fin au conflit.
La fin d’un projet illusoire
Comme nous l’avons mentionné, la perte de profondeur stratégique en Syrie affaiblit considérablement le réseau d’influence régional du régime. Pendant des années, Khamenei a considéré la Syrie comme le « mât de la résistance », n’épargnant aucun effort pour la maintenir. Cependant, aujourd’hui, ses rêves se transforment en cauchemar.
Les déclarations précédentes de Khamenei sur le lien entre la Syrie et le maintien du régime théocratique illustrent l’importance de ce lien : « Si ces batailles n’avaient pas été menées, l’ennemi serait entré dans le pays et nous aurions dû le combattre ici à Kermanshah, Hamedan et dans d’autres provinces » (site Internet de Khamenei, 5 février 2015).
L’effondrement du régime syrien, en plus d’être une défaite stratégique, reflète également l’échec des politiques régionales du régime iranien et son effondrement manifeste.
La défaite stratégique en Syrie et ses conséquences
Les développements sur le terrain en Syrie servent de preuve de l’effondrement de la « profondeur stratégique » et des politiques d’expansion ambitieuses du fascisme religieux. En réfléchissant à la reconnaissance de Taeb, il devient clair qu’avec la perte de la Syrie, le régime religieux ne sera pas en mesure de maintenir Téhéran ou l’Iran, qui appartiennent de droit au peuple iranien qui, par une résistance organisée et une révolution démocratique, les reprendra des griffes des religieux.

