Le 31 juillet 2025, le Sommet mondial pour un Iran libre s’est tenu à Rome, réunissant d’éminentes personnalités politiques européennes et américaines afin de faire face à la crise croissante en Iran. Ce sommet s’est tenu peu après l’exécution par le régime iranien de Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani, membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Leur sacrifice est devenu un thème central, symbolisant le désespoir croissant du régime et la résilience de son opposition.
Les intervenants ont condamné la brutalité du régime et souligné son recours croissant à la répression. Un consensus s’est dégagé autour de la « Troisième option », une stratégie rejetant à la fois l’intervention étrangère et la politique d’apaisement, au profit d’un changement de régime par le peuple iranien et sa résistance organisée.
Maryam Radjavi : Une vision claire pour un Iran démocratique
Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a prononcé le discours d’ouverture, qualifiant les récentes exécutions d’actes de peur et non de force. Elle a souligné la faiblesse du régime et présenté une feuille de route pour une république laïque, démocratique et non nucléaire.
Maryam Radjavi a dénoncé l’histoire conflictuelle du régime – de la guerre au terrorisme – et a insisté sur le fait que la crise actuelle est une crise de renversement. Elle a déclaré que la seule solution viable est le renversement du régime par le peuple et sa résistance, arguant que cela garantirait la paix dans la région.
Rejetant fermement les dictatures cléricales et monarchiques, Mme Radjavi a réaffirmé que l’avenir ne réside pas dans un retour au passé, mais dans la progression vers un Iran libre et démocratique. Elle a souligné que le CNRI offre une alternative organisée, déterminée à transférer la souveraineté au peuple par le biais d’élections libres.
Les violations des droits humains sous surveillance internationale
Les violations des droits humains ont dominé une grande partie des discussions. Stephen Rapp, ancien ambassadeur des États-Unis, a souligné que l’Iran avait procédé à 700 exécutions au cours du premier semestre 2025, évoquant des simulacres de procès et des aveux obtenus sous la torture.
Le professeur Javaid Rehman, ancien rapporteur spécial des Nations Unies, a condamné les exécutions secrètes de Hassani et Ehsani et a mis en garde contre le risque que le régime reproduise le massacre de 1988, qui avait coûté la vie à 30 000 prisonniers politiques. Il a cité un éditorial du 7 juillet de Fars News, affilié au CGRI, qui qualifiait le massacre d’« expérience réussie », signe d’intention effrayant.
Charles Michel, ancien président du Conseil européen, a fait écho à cet avertissement, appelant à une action internationale immédiate. Nazli Afshar, une jeune irano-italienne, a évoqué avec émotion son oncle, exécuté lors du massacre de 1988, soulignant le traumatisme intergénérationnel infligé par le régime.
Soutien au Plan en dix points du CNRI
Des personnalités internationales ont salué le Plan en dix points du CNRI, le qualifiant de modèle viable pour l’avenir de l’Iran. L’ancien Premier ministre italien Matteo Renzi a affirmé qu’un « changement de régime par le peuple iranien et sa Résistance » était la seule voie à suivre.
Charles Michel a qualifié l’apaisement de « complicité », qualifiant le CNRI d’alternative démocratique et le Plan en dix points de fondement d’une république libre. L’ancienne ambassadrice des États-Unis, Carla Sands, et l’économiste italien Carlo Cottarelli ont également soutenu le plan, soulignant son engagement en faveur de l’égalité des sexes, de la laïcité et d’un Iran non nucléaire.
Les unités de résistance en Iran
Une attention particulière a été accordée aux unités de résistance de l’OMPI opérant en Iran. Andrin Mohseni, un jeune Iranien originaire de Suisse, a salué leur courage face à la répression d’État. Ces militants, a-t-il déclaré, brisent les « barrières de la peur » et entretiennent la flamme de la résistance.
Hans Ulrich Seidt, ancien ambassadeur d’Allemagne, a décrit les unités de résistance comme essentielles pour affaiblir le régime de l’intérieur, démontrant ainsi la légitimité et la solidité de l’opposition.
Dénoncer la propagande du régime
Le sommet a également abordé la campagne de diabolisation de la résistance menée par le régime. Ingrid Betancourt, ancienne sénatrice colombienne, a évoqué sa propre expérience de désinformation après avoir soutenu l’OMPI. Elle a affirmé que le régime qualifiait la résistance de « secte » afin de discréditer une alternative crédible.
Charles Michel a souligné que l’obsession du régime à attaquer l’opposition prouve son efficacité et menace sa survie. Samira Ardalani a noté que le régime tente de ternir l’image des dissidents exécutés pour éviter une réaction internationale.
Rejet de la monarchie et appel à la désignation du CGRI
Une position ferme a été adoptée contre le rétablissement de la monarchie. Le sénateur Giulio Terzi, ancien ministre italien des Affaires étrangères, et Linda Chavez, ancienne responsable américaine, se sont fermement opposés à tout retour à la répression de l’ère du Shah. Rudy Giuliani a qualifié sans détour le fils du Shah de « fils d’un meurtrier de masse », affirmant que l’Iran méritait une véritable république démocratique.
Les intervenants ont également appelé à la désignation du CGRI comme organisation terroriste. La sénatrice Terzi a exhorté les gouvernements européens à agir, en faisant de cette revendication une exigence essentielle, au même titre que la reconnaissance du droit à la résistance.
Message final : L’avenir appartient au peuple iranien
Le sommet de Rome s’est conclu par un message unifié : le régime iranien est dans sa phase finale et seul le peuple iranien peut déterminer son avenir. L’ancien ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly, l’a résumé ainsi : le leadership doit venir de l’intérieur et non être imposé.
L’appel était clair : non à la guerre, non à l’apaisement, et oui au soutien du peuple iranien et de sa résistance organisée dans sa lutte pour la liberté, la démocratie et la souveraineté.

