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Iran : Quelle leçon à tirer du 4 novembre ? (analyse)

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ImageIran Focus : La journée du 4 novembre sera retenue comme une date clé du mouvement insurrectionnel qui secoue l’Iran. Cinq mois après le début du soulèvement populaire, déclenché au lendemain de l’élection d’Ahmadinejad, ce dernier bras de fer a confirmé le caractère durable du  mouvement populaire, qui, loin de s’essouffler, se radicalise en profondeur. Les grandes manifestations de mercredi dernier ont été l’occasion pour les Iraniens de détourner une fois de plus les célébrations officielles pour s’opposer au régime, tout en affichant cette fois un net murissement tant dans son organisation que dans ses revendications.
 
Morcelé au sommet, fragilisé à la base et isolé sur la scène internationale, le régime traverse une période critique. L’épreuve du 4 novembre a été pour le régime, autant que pour le mouvement d’opposition, un indicateur important. Selon Mohamad Amin, analyste politique sur la chaine de la Résistance iranienne (Iran NTV), le  « processus irréversible de changement s’est confirmé dans la durée. »
 
« Les manifestations successives de grande ampleur et la stigmatisation direct du guide suprême Khamenei, montrent bien que quelque chose a changé en profondeur dans ce pays ; la population est décidé à tenir la rue, comme elle l’avait fait jadis contre le Chah, conduisant à la chute du régime monarchique», affirme-t-il.
 
‘Khamenei est assassin, son règne illégitime’, scandé par les manifestants, dont certains sont allé jusqu’à détrôner les affiches de Khamenei et les piétiner en publique, est la preuve, selon Mohamad Amin, que « le guide suprême a manifestement perdu du poil de la bête». Pour lui, « l’examen du mouvement de contestation au cours des cinq derniers mois, notamment au regard  des slogans et des revendications, confirme l’entré dans une étape nouvelle de son parcours. Les revendications ne portent plus seulement sur la remise en question l’élection truquée de juin. Désormais, c’est le changement du régime politique qui est exigé, seul solution à même de garantir l’instauration d’une démocratie pérenne dans le pays. ‘Paix pour le monde, démocratie pour  l’Iran’, n’a-t-elle pas été l’un  des slogans nouvellement introduit dans les manifestations du 4 novembre ?  Où on a entendu "non au Velayat Faghih", à savoir la suprématie du guide suprême qui est le pilier de ce régime. »
 
Pour ceux qui ont un souvenir du soulèvement populaire qui a détrôné le Chah en 1979, des initiatives téméraire comme celui des jeunes téhéranais qui ont renversé et piétiné les affiches de  Ali Khamenei le 4 novembre dernier, évoque le renversement des statues du Chah au centre de Téhéran à la fin de son règne. Pour Mohamad Amin, « cet acte grandement symbolique, prend une signification particulière dans le lexique politique de ce pays : un tabou majeur a été brisé dans les esprits, le sortilège de l’autorité absolue du guide suprême a volé en éclat. »
 
Le fait que le régime des pasdaran ne parvient pas à couper court au mouvement de contestation qui s’illustre dans la persistance, doit être retenu, selon lui, comme « un indicateur du caractère irréversible la situation politique en Iran
 
Selon ce fin connaisseur du système politique iranien, « cette situation ne manquera pas de creuser encore plus la brèche au sommet de l’état où une hémorragie latente fait rage depuis l’élection frauduleuse du 12 juin dernier. Autant de signes que le locomotive du changement profond de la scène iranienne est définitivement en marche ».
 
Autre fait marquant du 4 novembre a été le message qu’a tenu à faire passer la population à la communauté internationale. ‘Obama, Obama, ya ba ouna ya ba mâ !’ (Obama, Obama, faut choisir entre eux ou nous !) scandait ce jour là la jeunesse dans les rues de Téhéran. Un rappel que la politique de complaisance de l’occident face au régime est mal vue par le peuple iranien, et l’indifférence coupable affiché vis-à-vis de son appel à un soutien activement de son combat contre la tyrannie n’est pas passé inaperçu.
 
« La théocratie iranienne, comme tout régime dictatorial, ne comprend malheureusement que le langage de la force. Elle ne cédera, tant devant le peuple iranien dans sa quête de démocratie, que devant la communauté international sur son programme d’armement nucléaire, que si des sanctions économique et politique efficaces lui sont imposées. C’est le message qu’a essayé de faire passer le peuple iranien », assure Mohamad Amin.
 
« Entre eux ou nous », la sagesse invite à choisir le « nous » du peuple iranien et ses forces vives de changement.

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