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Iran: le « printemps » toujours vivace en dépit de la répression

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AFP: La présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, groupe d’opposition en exil) Maryam Radjavi estime que « le printemps iranien est toujours vivace » et la situation explosive, en dépit de la répression du « régime des mollahs », dans un entretien à l’AFP.

« La situation est explosive dans la société iranienne, la population veut le changement, le régime actuel n’a aucun avenir mais l’Iran est en proie à une répression inimaginable », explique Mme Radjavi, présidente élue du CNRI, dont les Moudjahidine du peuple sont la principale composante.

« Le régime des mollahs a tiré les leçons de ce qui s’est passé en Libye et en Syrie: pour éviter de se retrouver dans la situation de Kadhafi ou de Assad, il a décidé d’accélérer la réalisation de son programme nucléaire et d’éliminer les Moujahidine du peuple qui représentent une alternative démocratique », poursuit-elle.

« Mais la population est prête à utiliser la moindre brèche pour changer la donne, y compris l’élection présidentielle de l’an prochain. 2013 sera un tournant très important où tout peut arriver. La situation sociale est mûre et la résistance iranienne a brisé les chaînes qui lui faisaient obstacle », assure-t-elle.

Mme Radjavi fait référence à une décision de la cour d’appel de Washington, qui a donné le 1er juin quatre mois au département d’Etat pour réexaminer le statut des Moujahidine du peuple, inscrits sur la liste américaine des organisations terroristes depuis 1997, faute de quoi elle leur accorderait le retrait de cette liste.

« C’est une grande victoire ! Ce verdict rompt avec de longues années de diabolisation. Cela va libérer le potentiel d’énergie du mouvement à l’intérieur de l’Iran et augmenter ses activités à l’extérieur », s’est réjouie Maryam Radjavi.

« Le retrait de la liste américaine devrait aussi permettre un déblocage de la situation à Achraf », en permettant l’accueil des résidents dans des pays européns ou aux Etats-Unis, espère-t-elle.

Le camp d’Achraf, à 80 kilomètres au nord de Bagdad, construit dans les années 1980 et qui a abrité plus de 3.000 résidents opposés au régime iranien, avait été alloué par l’ancien président Saddam Hussein aux Moudjahidine du Peuple pour les amener à combattre avec lui le régime iranien.

Ces opposants ont été désarmés en 2003 par les forces américaines, à la chute de Saddam Hussein. Des négociations menées entre l’ONU, Bagdad et l’OMPI ont abouti à un début de transfert des habitants d’Achraf vers le camp Liberty, en périphérie de Bagdad, mais celui-ci a été interrompu et 1.300 personnes se trouvent toujours à Achraf.

« Il était prévu dès le départ que Liberty serait un camp de transit et que ses résidents seraient réinstallés dans d’autres pays, mais après quatre mois, pas un seul ne l’a été, c’est pourquoi nous disons que le plan de relocalisation a échoué », a jugé Maryam Radjavi.

« Le gouvernement irakien a violé tous ses engagements: le camp ne dispose pas des normes minimales humanitaires, les droits de l’homme ne sont pas respectés, il y a des problèmes d’eau, d’électricité, d’hygiène », dénonce-t-elle.

Alors que le CNRI organisait samedi à Villepinte, près de Paris, un rassemblement européen, Maryam Radjavi assure vouloir « continuer le combat jusqu’au renversement du régime des mollahs, pour la séparation de la religion et de l’Etat, pour l’établissement de la démocratie et l’égalité des hommes et des femmes ».

Plusieurs dizaines de milliers de personnes venues en car de toute l’Europe – plus de 100.000 selon les organisateurs – ont participé à ce rassemblement organisé comme chaque année depuis 2003.

Selon un communiqué, ils ont dénoncé « la transformation en prison du camp Liberty » et ont « demandé à l’ONU, aux Etats-Unis et à l’UE d’empêcher la tragédie que prépare le gouvernement irakien à la demande des mollahs à Achraf et Liberty ».

Les anciens ambassadeurs américains aux Nations Unies Bill Richarson (démocrate) et John Bolton (conservateur), l’ancien ministre français Philippe Douste-Blazy et la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, notamment, ainsi que des délégations parlementaires de 40 pays européens et arabes, avaient répondu à l’invitation du CNRI, selon un de ses représentants en France Afchine Alavi.

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