Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) des Nations Unies a déclaré que la marge de manœuvre de l’Iran dans son programme nucléaire se réduit et que l’Iran doit trouver d’urgence des moyens de résoudre ce problème.
Le mercredi 12 novembre, Rafael Grossi a déclaré à l’Agence France-Presse en marge de la réunion « COP 29 » à Bakou que le gouvernement iranien devait comprendre que la situation internationale devenait de plus en plus tendue, réduisant sa marge de manœuvre. Il a souligné la nécessité de trouver des solutions diplomatiques.
A la veille de son voyage en Iran, il a précisé que l’AIEA était autorisée à mener des inspections en Iran mais qu’elle exigeait des observations plus approfondies. Il a ajouté que, compte tenu de l’ampleur, de la profondeur et de l’ambition du programme nucléaire iranien, il était essentiel de trouver des moyens d’avoir une meilleure vue d’ensemble des activités de l’Iran.
Son prochain voyage à Téhéran, le mercredi suivant, coïncide également avec la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Au cours de sa précédente présidence, Trump a adopté une position très dure envers le régime iranien, s’est retiré du Plan d’action global commun (JCPOA) et a imposé de lourdes sanctions au régime.
M. Grossi dit avoir eu une bonne expérience de travail avec l’administration américaine pendant le mandat précédent de Trump.
Un an après le retrait des États-Unis du JCPOA en mai 2018, le régime iranien a progressivement commencé à réduire ses engagements au titre de l’accord et à restreindre sa coopération avec l’AIEA.
M. Grossi a critiqué à plusieurs reprises le manque de coopération de l’Iran pour répondre aux questions sur les traces d’uranium trouvées sur des sites non déclarés, l’expulsion de certains inspecteurs de l’AIEA d’Iran et le blocage de l’accès de l’agence aux données des caméras de surveillance dans les installations nucléaires iraniennes, entre autres problèmes.
Il a également mis en garde contre l’augmentation significative du stock d’uranium enrichi à 60 % de l’Iran, qui est très proche du niveau requis pour produire une bombe nucléaire.
Selon les normes de l’AIEA, l’Iran possède suffisamment d’uranium enrichi pour produire environ quatre bombes nucléaires s’il était encore enrichi.
Le régime iranien a longtemps nié tout projet de construction d’une bombe nucléaire, affirmant qu’il enrichit l’uranium uniquement à des fins énergétiques civiles.
Auparavant, M. Grossi avait commenté le manque de coopération de l’Iran avec l’AIEA, affirmant que le JCPOA était devenu une « coquille vide ».
Avec l’arrivée au pouvoir du président Massoud Pezeshkian, le régime iranien a déclaré qu’il était prêt à reprendre les négociations.
La dernière visite de M. Grossi en Iran a eu lieu en mai de cette année. Il a exhorté les responsables iraniens à répondre aux préoccupations de l’AIEA et à apporter plus de transparence à son programme nucléaire.

