Le régime iranien et les négociateurs américains ont repris une nouvelle série de négociations à Rome le vendredi 23 mai, visant à résoudre le différend qui dure depuis des décennies concernant les ambitions nucléaires de Téhéran. Cette reprise intervient alors que le guide suprême du régime, Ali Khamenei, a averti qu’un nouvel accord pourrait être impossible en raison de lignes rouges contradictoires.
Le président américain Donald Trump cherche à limiter la capacité potentielle de Téhéran à produire des armes nucléaires, une capacité qui pourrait déclencher une course aux armements nucléaires dans la région.
En revanche, le régime souhaite obtenir un allègement des sanctions paralysantes qui ont dévasté son économie basée sur le pétrole.
Avant les négociations de Rome, Téhéran et Washington ont publiquement adopté des positions intransigeantes concernant le programme iranien d’enrichissement d’uranium.
Téhéran et Washington restent profondément divisés sur plusieurs lignes rouges fondamentales que les négociateurs doivent franchir pour parvenir à un nouvel accord et éviter de futures actions militaires.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré mardi 20 mai que Washington cherchait un accord qui permettrait à l’Iran de maintenir un programme nucléaire civil, mais qui interdirait l’enrichissement de l’uranium. Il a reconnu que parvenir à un tel accord ne serait pas chose aisée.
Ali Khamenei, le décideur ultime du régime, a qualifié d’« excessive et insolente » la demande de Washington de cesser l’enrichissement de l’uranium, avertissant que les chances de parvenir à un résultat à l’issue de ces négociations sont minces.
Parmi les obstacles restants à un accord américano-iranien figurent le refus de Téhéran d’envoyer la totalité de ses stocks d’uranium hautement enrichi à l’étranger et sa réticence à entamer des négociations sur son programme de missiles balistiques.
L’Iran s’est déclaré prêt à accepter certaines limitations à son programme d’enrichissement, mais exige de Washington des garanties « fermes et fiables » que les États-Unis ne se retireront pas d’un futur accord nucléaire.
L’administration Trump, qui a relancé la campagne de « pression maximale » contre Téhéran en février, s’était retirée de l’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et six puissances mondiales lors de son premier mandat présidentiel en 2018, réimposant des sanctions importantes qui ont gravement porté préjudice à l’économie iranienne.
En réaction, Téhéran a largement dépassé les limites d’enrichissement d’uranium fixées par l’accord de 2015.
Selon Reuters, un échec des négociations pourrait avoir de lourdes conséquences. Si le régime iranien insiste sur le caractère strictement pacifique de son programme nucléaire, Israël a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne permettrait pas au régime d’acquérir l’arme nucléaire.
Jeudi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que si Israël attaquait les installations nucléaires iraniennes, les États-Unis en seraient juridiquement responsables.

