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Plus de soixante exécutions en Iran en novembre ; l’inquiétude grandit face aux exécutions politiques imminentes

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Le régime iranien a exécuté plus de soixante personnes dans différentes prisons entre le 22 et le 27 novembre. Le nombre de condamnations à mort prononcées contre des prisonniers politiques s’est accéléré, et au moins huit d’entre eux étaient menacés d’exécution imminente ces deux derniers mois après la confirmation de leur peine. Cette nouvelle vague s’inscrit dans la stratégie du régime visant à intimider les manifestants et les dissidents politiques.

Une hausse inquiétante des condamnations à mort

Depuis début novembre, la Cour suprême iranienne a confirmé les condamnations à mort de huit prisonniers politiques, signe d’une forte augmentation du recours à la peine capitale comme outil de répression politique. Au moins 42 prisonniers politiques sont désormais sous le coup d’une exécution, et des dizaines d’autres font face à des accusations similaires liées à la sécurité qui pourraient également entraîner la peine de mort.

La plupart de ces condamnations ont été prononcées à l’issue de procédures judiciaires opaques, d’aveux extorqués, de privations d’accès à un avocat et de violations flagrantes des droits de la défense.

Huit prisonniers menacés d’exécution

Voici les noms des huit prisonniers politiques dont la condamnation à mort a été confirmée par la Cour suprême :

Manouchehr Falah et Peyman Farahavar (poète), détenus à la prison de Lakan à Rasht,

Seyed Mohammad-Javad Vafaee Thani, détenu à la prison de Vakilabad à Mashhad,

Ehsan Faridi, détenu à la prison de Tabriz,

Et quatre autres prisonniers : Reza Abdali, Masoud Jamei, Alireza Meadasi et Farshad Etemadi-far, détenus à la prison de Sheiban à Ahvaz.

Ces individus ne sont que des exemples parmi d’autres d’un problème plus vaste qui expose des dizaines d’autres prisonniers à un risque similaire.

Accusations ambiguës, aveux extorqués et absence de procès équitable

De nombreuses condamnations à mort reposent sur des accusations telles que « inimitié envers Dieu » (moharebeh) et « corruption sur terre », des termes systématiquement utilisés pour réprimer la dissidence politique.

De telles décisions sont dépourvues de légitimité judiciaire et exposent leurs auteurs ou leurs approbations à d’éventuelles poursuites internationales en vertu du principe de compétence universelle.

Parallèlement, de vastes manifestations ont éclaté dans les prisons iraniennes contre les mauvais traitements infligés aux condamnés à mort. Le 12 novembre, plus de deux cents prisonniers politiques de la prison d’Evin ont entamé une grève de la faim pour protester contre le transfert brutal d’Ehsan Afreshteh, un condamné à mort. Cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne « Mardis contre les exécutions », qui s’est désormais étendue à plus de cinquante-cinq prisons.

Une nouvelle législation élargit le champ d’application des exécutions

L’adoption cette année de la « Loi sur le renforcement des peines pour espionnage et coopération avec des États hostiles » a ouvert la voie à une augmentation des condamnations à mort. Cette loi élargit et rend ambiguë la définition d’« espionnage », permettant ainsi de l’utiliser contre des militants politiques, des personnalités culturelles, des journalistes et même des utilisateurs des réseaux sociaux.

Cette évolution, conjuguée à l’augmentation du nombre d’exécutions, révèle une stratégie de gouvernement : semer la peur et la répression pour contrôler une société déjà au bord du gouffre en raison de la pauvreté, des manifestations nationales et des crises politiques.

Pression internationale et avertissements des Nations Unies

Le régime iranien affiche l’un des taux d’exécution les plus élevés au monde. Rien qu’en 2025, plus de 1 790 personnes ont été exécutées, un chiffre record depuis 2015.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a qualifié le recours croissant à la peine de mort en Iran d’« alarmant » et a demandé son abrogation immédiate. Une mission d’enquête de l’ONU a également souligné que nombre de ces exécutions interviennent à l’issue de procédures bafouant les principes d’un procès équitable.

Les exécutions comme instrument d’intimidation politique

Plus de soixante exécutions en Iran en novembre ; l’inquiétude grandit face aux exécutions politiques imminentesLa récente vague de condamnations à mort confirmées contre des prisonniers politiques, ainsi que les dizaines de personnes actuellement dans le couloir de la mort, dressent un tableau clair de l’injustice, de la torture, des aveux forcés et des décisions à motivation politique qui gangrènent le système judiciaire iranien. Alors que le régime vise à réprimer les manifestations et à instaurer la peur, de telles actions pourraient se retourner contre lui dans le contexte actuel et alimenter davantage la colère populaire.

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