IranNucléaireL'opposition en exil accuse Téhéran de dissimulations

L’opposition en exil accuse Téhéran de dissimulations

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Le Figaro, 25 août – A dix jours de la prochaine évaluation, par les experts onusiens, de l’état du programme nucléaire iranien, les pressions politiques sur Téhéran s’amplifient. Hier, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a mis en garde la communauté internationale sur les menaces que ferait peser le développement du site nucléaire d’Arak, situé dans le centre du pays. Selon la principale coalition d’opposants au régime des mollahs (en exil), cette unité sera prête dès 2008 – soit sept ans plus tôt que les prévisions officielles de Téhéran – à produire 14 kg de plutonium. Une quantité suffisante, selon le CNRI, pour fabriquer l’équivalent de deux bombes.

La technologie utilisée – qui implique la construction, à Arak, d’un réacteur à eau lourde – est parallèle à celle développée à Ispahan qui consiste à convertir, puis à enrichir l’uranium. Depuis le 8 août, l’Iran a repris officiellement les activités de l’usine d’Ispahan, et ceci malgré les mises en demeure de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). Le CNRI reproche aujourd’hui à la communauté internationale de se focaliser sur le sort du site d’Ispahan, au détriment d’Arak. Il suspecte par ailleurs Téhéran d’avoir «cherché» à obtenir du tritium en Corée du Sud, et de s’être fourni en deutérium en Asie centrale, deux matériaux clés nécessaires à la fabrication du plutonium.

L’organisation avait, dès l’été 2002, alerté l’AIEA sur les menaces que ferait peser le développement de cette unité, ce qui avait conduit l’agence onusienne à mener des inspections sur place, en février 2003. Dans son projet de négociations soumis le 5 août, la troïka (Royaume-Uni, France, Allemagne) avait également demandé à Téhéran de stopper la fabrication du réacteur d’Arak, mais ce projet industriel n’est pas mentionné dans l’accord de Paris de novembre 2004, qui sert aux Européens de base juridique. Les accusations du CNRI «n’ont rien de nouveau» a déclaré hier un porte-parole de l’AIEA. Selon l’agence, l’achat iranien de deutérium et de tritium est destiné à des fins strictement civiles. «Nous connaissons l’usine d’Arak et sommes capables de la contrôler. Nous conduisons nos propres investigations sans nous baser sur les rapports publiés par les médias.»

La mise en garde du CNRI – classée «organisation terroriste» à Washington – ne fait que refléter la tension qui s’accroît autour du dossier nucléaire iranien. C’est le 3 septembre que le directeur de l’AIEA, Mohammed ElBaradei, présentera un nouveau rapport susceptible d’aboutir, le cas échéant, à la saisine du Conseil de sécurité. Hier, la Russie, membre du Conseil, a minimisé la menace nucléaire iranienne, tandis que la troïka envoyait des signaux contradictoires. Tout en annulant une rencontre avec les Iraniens prévue le 31 août, les Européens ont accueilli favorablement une offre de négociation formulée la veille par Téhéran. Le régime des mollahs, lui, continue à souffler le chaud et le froid.

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