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La 80e semaine de la campagne « Mardis non aux exécutions » s’est déroulée dans 48 prisons

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La 80e semaine de la campagne « Mardis non aux exécutions » a eu lieu suite à la répression brutale menée contre les participants à la campagne à la prison de Ghezel Hesar, qui a notamment entraîné l’exécution de deux prisonniers politiques et le transfert forcé de Saeed Masouri vers un lieu inconnu, témoignant de la détermination inébranlable de la campagne à obtenir satisfaction.

Dans leur déclaration, les prisonniers ont évoqué les récentes exécutions, l’amputation barbare des doigts de trois détenus à la prison d’Ourmia, la position d’Amnesty International sur la question et le manque d’informations sur le sort de plusieurs prisonniers politiques de l’unité 4 de Ghezel Hesar après avoir été violemment agressés.

Les prisonniers ayant participé à la 80e semaine de la campagne « Non aux mardis des exécutions » ont déclaré que l’intensification de la répression visait à semer la peur et à réduire au silence une société qui, depuis la Révolution constitutionnelle de 1906, aspire à la justice et à la liberté.

Voici la déclaration complète des prisonniers politiques ayant participé à la 80e semaine de la campagne « Non aux mardis des exécutions » :

« Nous entamons la 80e semaine de la campagne « Non aux mardis des exécutions » dans 48 prisons.

Depuis la semaine dernière, au moins 30 prisonniers, dont deux femmes, ont été exécutés, et une exécution a eu lieu en public. Le cycle de la violence et des exécutions se poursuit sans relâche.

La semaine dernière, trois détenus ont été amputés des doigts dans la prison d’Ourmia, dans un acte extrêmement sauvage et inhumain.

Amnesty International a fermement condamné cet acte dans une déclaration et a qualifié le système judiciaire iranien de « rouage dans le système de torture ».

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Mme Mai Sato, a qualifié cet acte d’« inhumain et dégradant ».

Nous entamons la 80e semaine de la campagne dans des circonstances où nous ignorons encore le sort de plusieurs membres de la campagne détenus dans l’unité 4 de la prison de Ghezel Hesar. Le 26 juillet, ils ont été brutalement agressés par des gardiens et des agents de sécurité, puis transférés à l’isolement dans le quartier sécurisé de l’unité 3. Certains d’entre eux ont été réintégrés au quartier après cinq jours. Le quartier politique est désormais entièrement restreint et étroitement surveillé par de multiples caméras de sécurité. On est toujours sans nouvelles de cinq d’entre eux : Loqman Aminpour, Hamzeh Savari, Reza Salmanzadeh, Sepehr Emamjomeh et Mostafa Ramezani. Zartosht Ahmadi Ragheb a de nouveau été transféré dans le quartier sécurisé. L’état de santé de Saeed Masouri est extrêmement préoccupant. Ce que nous savons, c’est que la prison de Zahedan a refusé d’accueillir ce membre de la campagne, qui est actuellement détenu. L’isolement cellulaire dans le quartier spécial de l’unité 1 de la prison de Ghezel Hesar, dans des conditions difficiles et incertaines.

Nous, membres de la campagne « Non aux exécutions les mardis », condamnons les agressions brutales, les mauvais traitements et la torture infligés aux prisonniers et saluons la résistance et la détermination de nos camarades exécutés et rebelles. Nous exprimons notre gratitude à tous ceux qui ont fait et continuent de faire écho à la douleur et à la souffrance des prisonniers.

Nous pensons que l’intensification des exécutions, la répression, les amputations et le recours constant à une violence flagrante ne servent qu’à semer la peur et à réduire au silence la société – une société qui, depuis la Révolution constitutionnelle de 1906, aspire à la justice et à la liberté, et qui a constamment défendu la dignité humaine et le droit à l’autodétermination, en payant le prix quotidien par l’emprisonnement, les exécutions et la torture.

Nous continuons d’appeler toutes les consciences éveillées et tous ceux qui aspirent à la liberté, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, à amplifier le cri « Non aux exécutions » en soutenant activement le mouvement. Campagne « Non aux mardis des exécutions ». L’extension de cette campagne, malgré les efforts du régime et ses soutiens, avérés ou cachés, doit être une priorité absolue.

La 80e semaine de la campagne « Mardis non aux exécutions » s'est déroulée dans 48 prisonsAujourd’hui, mardi 5 août, nos camarades des quartiers sécurisés et spéciaux de la prison de Ghezel Hesar sont en grève de la faim, aux côtés des participants de 48 autres prisons participant à la campagne « Non aux mardis des exécutions ».

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