La coupure généralisée de l’accès international à Internet, amorcée en janvier 2026 parallèlement à l’escalade du soulèvement national, a finalement contraint le régime iranien à battre en retraite après des mois de pression sociale, de crise économique et d’isolement politique. Le gouvernement du président du régime iranien, Masoud Pezeshkian, a désormais ordonné le rétablissement total de l’accès international à Internet, alors même que la société demeure en proie à de graves troubles politiques et économiques.
Selon une résolution approuvée le lundi 25 mai lors d’une réunion du « Quartier général du cyberespace » du régime — présidée par Mohammad Reza Aref —, le ministère des Communications a reçu pour instruction de rétablir l’accès international à Internet tel qu’il existait avant le massacre de janvier. Cette décision intervient après des mois de restrictions sévères et une déconnexion quasi totale de l’Iran du réseau Internet mondial.
L’objectif de la coupure de l’accès international à Internet était de dissimuler le massacre perpétré par les Gardiens de la révolution en janvier
La coupure de l’accès international à Internet en Iran a débuté dès les premiers jours du soulèvement national. Le régime iranien a tenté d’endiguer le flux d’informations relatives aux manifestations en coupant totalement les communications. À mesure que les crises internes s’intensifiaient, l’ampleur du blocus ne cessait de croître. Avec le lancement de l’opération militaire américaine baptisée « Epic Fury », le régime a porté le niveau des restrictions à son paroxysme.
Des rapports publiés par des organisations internationales indiquent que ce blocus constitue le plus long siège numérique jamais imposé par une dictature dans l’histoire moderne. L’organisation internationale NetBlocks a affirmé, dans plusieurs rapports, que l’Iran avait connu l’une des coupures d’accès international à Internet les plus sévères de ces derniers mois. Cette situation a privé des millions de citoyens d’un accès libre à l’information.
Au cours des derniers mois, la pression économique engendrée par la coupure de l’accès international à Internet a atteint un niveau sans précédent. Des milliers d’entreprises en ligne ont été, de fait, anéanties. Les entreprises technologiques, les boutiques en ligne et les acteurs du secteur numérique ont dû faire face à une crise financière généralisée. De nombreux utilisateurs ont par ailleurs été contraints de recourir à des outils coûteux et peu sécurisés pour obtenir un accès limité au réseau Internet mondial.
Parallèlement, les protestations sociales contre les restrictions imposées à l’accès international à Internet se sont intensifiées. Les étudiants, les militants des médias, les chefs d’entreprise et même certaines composantes de l’establishment du régime avaient mis en garde contre le maintien d’une telle situation. Néanmoins, le régime a persisté pendant des mois à maintenir sa politique de blocage.
L’Internet international et la crainte d’une explosion sociale au sein du régime
La nouvelle décision du gouvernement de Pezeshkian a été annoncée à un moment où les crises politiques et économiques en Iran ont atteint un stade critique. Une inflation galopante, l’effondrement de la monnaie nationale, la multiplication des grèves et la croissance des manifestations publiques ont créé un climat politique extrêmement volatile dans le pays.
Le régime iranien est confronté à une série de crises simultanées et n’a plus la capacité de maintenir le blocus total de l’accès à l’Internet international. De nombreux observateurs ne décrivent pas cette décision comme un changement de politique, mais plutôt comme un recul forcé sous la pression de la société.
Ces dernières semaines, de nombreux rapports avaient fait état d’un mécontentement public croissant. Les utilisateurs des réseaux sociaux avaient également signalé à maintes reprises le rétablissement progressif de certains accès. Désormais, avec la mise en œuvre officielle de cette résolution, le régime a de fait abandonné une partie de sa politique de blocage à l’échelle nationale.
Malgré cela, de nombreux militants pour la liberté de l’Internet estiment que la structure de censure et de contrôle demeure intacte. Selon eux, le régime a simplement été contraint à un recul temporaire sous la pression des crises, et la possibilité de nouvelles restrictions subsiste toujours.
La coupure de l’accès à l’Internet au cours des derniers mois ne constituait pas un simple outil sécuritaire ; elle est devenue le symbole de la crainte du régime face à la propagation des manifestations et à la libre circulation de l’information. La fissuration de ce mur de la censure est désormais perçue comme un signe manifeste de la gravité de la crise au sein de la structure politique au pouvoir.
Alors que la société iranienne demeure en pleine effervescence, la réouverture de l’accès à l’Internet international apparaît moins comme un signe de stabilité que comme le reflet d’un régime en recul sous la pression des manifestations, de la crise économique et d’un isolement généralisé, mettant temporairement de côté une partie de sa politique de répression numérique.

