Les Houthis du Yémen ont annoncé, samedi 25 juillet au matin, avoir mené une attaque au missile contre l’Arabie saoudite, quelques heures seulement après que le royaume a visé les positions du groupe en riposte à des attaques houthies contre des navires saoudiens.
Ces attaques surviennent quelques jours après que les Houthis, soutenus par le régime iranien, ont annoncé l’imposition d’un « blocus naval » contre l’Arabie saoudite et ont par la suite attaqué deux pétroliers saoudiens en mer Rouge.
Cette escalade a accru les inquiétudes quant à l’ouverture d’un nouveau front dans le conflit régional et à de nouvelles perturbations des voies maritimes mondiales de transport de pétrole.
Le média *Ansar Allah*, affilié aux Houthis, a rapporté tôt samedi qu’une « attaque au missile » avait provoqué un incendie dans la ville de Jizan, située sur la côte de la mer Rouge, dans le sud de l’Arabie saoudite.
L’Arabie saoudite n’a pas encore confirmé cette information. Toutefois, la Défense civile saoudienne a brièvement averti les habitants de Jizan et de Yanbu, tôt samedi, d’un « danger potentiel », avant de lever les alertes quelques minutes plus tard.
Des avertissements similaires avaient déjà été émis par le passé lors de tirs de missiles ou de drones en direction de l’Arabie saoudite.
Cette attaque attribuée aux Houthis fait suite à l’annonce, vendredi, par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, de frappes contre les positions militaires du groupe au Yémen et de la destruction de cibles ayant servi à menacer le trafic maritime commercial.
Les Houthis ont qualifié les frappes saoudiennes d’« escalade dangereuse » et ont averti que les actions de Riyad « ne resteraient pas sans réponse ».
De la proclamation d’un « blocus » à l’attaque de pétroliers
Lundi dernier, les Houthis ont annoncé avoir imposé un « blocus naval » contre l’Arabie saoudite, invoquant le principe de la « loi du talion ».
Le groupe a présenté cette mesure comme une réponse à ce qu’il a qualifié de « blocus » imposé par l’Arabie saoudite au Yémen depuis près de 12 ans.
Dans un message radio adressé aux navires, les Houthis ont également prévenu qu’ils viseraient les bâtiments « appartenant à l’ennemi saoudien » qui ne respecteraient pas le blocus proclamé.
Le groupe a par ailleurs affirmé, tôt jeudi, avoir pris pour cible deux pétroliers saoudiens en mer Rouge.
L’Arabie saoudite a confirmé qu’un navire appartenant à une compagnie saoudienne avait été visé. L’Agence de presse saoudienne, citant un responsable de l’autorité des transports du pays, a rapporté qu’un navire a été touché alors qu’il naviguait en mer Rouge. Sa coque a subi des dommages mineurs, mais il a pu poursuivre sa route.
À la suite des attaques des Houthis, le président américain Donald Trump a averti que Washington tiendrait le régime iranien pour responsable de toute future attaque du groupe et a menacé à la fois l’Iran et les Houthis de « sanctions militaires » si les attaques se poursuivaient.
Houthis : Nous ne fermerons pas le détroit de Bab el-Mandeb
Bien qu’ils aient déclaré un blocus naval contre l’Arabie saoudite, les Houthis affirment ne pas avoir l’intention d’interrompre totalement le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Mohammed Abdulsalam, porte-parole des Houthis et l’un des principaux négociateurs du groupe, a déclaré le vendredi 24 juillet : « Contrairement à ce que certains prétendent, Bab el-Mandeb n’a pas été fermé. »
Il a souligné que le blocus déclaré par le groupe visait « uniquement le camp saoudien ».
Cette déclaration faisait suite aux menaces proférées par plusieurs responsables militaires du régime iranien — durant et après la guerre de 40 jours contre les États-Unis et Israël — selon lesquelles les Houthis pourraient intervenir pour le compte de l’Iran et fermer le détroit de Bab el-Mandeb.
Malgré l’insistance des Houthis sur le fait que le détroit reste ouvert, les récentes attaques ont influencé le comportement des compagnies maritimes. Selon l’Agence France-Presse (AFP), au moins neuf navires ont modifié leur trajectoire depuis l’annonce du blocus contre l’Arabie saoudite.
Reuters a également rapporté que les attaques des Houthis ont contraint plusieurs pétroliers à changer d’itinéraire et à faire route vers le nord, en direction du canal de Suez. Pour atteindre l’Asie, ces navires devraient emprunter la route beaucoup plus longue contournant l’Afrique.
L’importance croissante de la mer Rouge dans un contexte de perturbations dans le détroit d’Ormuz
L’escalade des tensions en mer Rouge revêt une importance accrue alors que le trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz a fortement chuté en raison de la guerre entre l’Iran et les États-Unis.
Afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du détroit d’Ormuz, l’Arabie saoudite achemine une partie de son pétrole par oléoduc jusqu’au port de Yanbu, sur la côte de la mer Rouge. Par conséquent, la route de la mer Rouge a joué un rôle de plus en plus important dans les exportations pétrolières du royaume au cours des derniers mois.

