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Le régime iranien supprime les bons alimentaires pour les personnes classées comme « résidant à l’étranger »

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Dans une nouvelle mesure visant les couches les plus démunies de la société, le régime iranien a suspendu l’octroi de bons alimentaires à un grand nombre de citoyens. Par SMS, il leur a enjoint de se présenter dans des bureaux administratifs pour prouver leur présence sur le territoire iranien ; faute de quoi, ils seraient classés comme résidant à l’étranger et perdraient leur droit à ces bons.

De nombreux citoyens se sont rendus dans ces bureaux après avoir reçu le message, formant de longues files d’attente pour tenter de prouver qu’ils vivent bien en Iran. Plus frappant encore, ils doivent s’acquitter de frais pour attester de leur présence.

Cette décision gouvernementale a suscité de vives réactions : de nombreux internautes soulignent que, même si l’objectif était de supprimer les bons alimentaires pour les expatriés, il existe des moyens bien plus simples de vérifier la résidence — à moins que le véritable but ne soit de générer des recettes sur le dos des citoyens tout en leur imposant une charge supplémentaire.

L’allocation mensuelle de bons alimentaires s’élève à 10 millions de rials (environ 5,30 dollars) par personne. Cette aide, qui n’est pas versée en espèces, est destinée à l’achat de produits de première nécessité.

Un citoyen, s’étant rendu dans un bureau administratif à Téhéran pour faire vérifier sa résidence, a raconté sur X qu’au milieu de la foule cherchant à prouver sa présence en Iran, un enfant chaussé de sandales déchirées avait attiré son attention. L’enfant était venu avec son père pour prouver qu’ils ne vivaient pas à l’étranger. Selon ce témoignage, lorsque le père a appris qu’il devait payer 1,4 million de rials (soit environ 14 % de la valeur du bon) pour enregistrer la vérification de résidence, il a déclaré ne pas avoir les moyens de payer, a pris son enfant par la main et a quitté les lieux.

Le régime génère ainsi des revenus grâce aux frais exigés pour la preuve de résidence, tout en espérant probablement que certains citoyens renonceront à réclamer leurs bons alimentaires et seront, in fine, radiés de la liste des bénéficiaires.

Dans un communiqué, le ministère du Bien-être a précisé que si le chef de famille est absent du pays ou si sa résidence en Iran ne peut être vérifiée, l’ensemble du foyer perdra son droit aux bons alimentaires et aux subventions. En revanche, si un autre membre du foyer se trouve à l’étranger, seule cette personne sera retirée de la liste des bénéficiaires. Selon le ministère des Coopératives, du Travail et de la Protection sociale, les personnes ayant reçu le SMS ont jusqu’au 21 septembre pour se présenter en personne dans les bureaux de l’administration. À défaut, leurs bons alimentaires seront définitivement annulés. Le problème, toutefois, est que le gouvernement a cessé de verser ces aides en août et a conditionné leur rétablissement à la vérification de la résidence en Iran.

Le site d’information étatique Entekhab, dans un article intitulé « La vérification de la résidence est-elle un prétexte pour générer des revenus aux dépens des pauvres ? », a écrit : « Un citoyen qui a besoin de bons alimentaires pour couvrir ses dépenses essentielles perd d’abord ce soutien, puis doit se rendre dans plusieurs bureaux et s’acquitter de frais pour le voir rétabli. »

Le régime iranien n’a d’autre objectif que de réduire ses propres coûts et de puiser dans la poche des citoyens ; autrement, la vérification de la présence des individus en Iran pourrait aisément s’effectuer grâce aux données enregistrées lors de leurs entrées et sorties aux frontières du pays.

Le site étatique Entekhab s’est également interrogé pour savoir si le véritable but de cette procédure était réellement la « vérification de l’identité » ou la création d’une nouvelle source de revenus par la suppression des bons alimentaires et l’obligation faite aux citoyens de se rendre dans les bureaux administratifs.

Les conséquences de la suppression des bons alimentaires apparaissent encore plus clairement si l’on considère que le gouvernement a également classé de nombreuses personnes se rendant dans les pays voisins — notamment l’Arménie, la Turquie et l’Irak — pour travailler et gagner leur vie comme des « résidents à l’étranger », supprimant ainsi leurs allocations.

Une vidéo montrant une foule devant un bureau administratif dans la ville frontalière de Maku illustre cette situation. Les habitants expliquent qu’en raison de la conjoncture économique dans les régions frontalières, ils se rendent en Turquie plusieurs fois par mois pour travailler et subvenir à leurs besoins, tout en conservant leur résidence permanente en Iran. Néanmoins, leurs fréquents déplacements transfrontaliers ont conduit les systèmes gouvernementaux à les classer comme « résidents à l’étranger ».

Le régime iranien supprime les bons alimentaires pour les personnes classées comme « résidant à l'étranger »Certains commerçants ont également déclaré à l’agence de presse publique ISNA qu’ils avaient acheté des marchandises sur leurs propres deniers pour les fournir aux consommateurs — le montant des bons étant débité des comptes des ménages — sans pour autant avoir été remboursés à ce jour. Et ce, alors même que les directives du programme stipulent que les règlements ne doivent pas excéder 72 heures.

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